jeudi 22 août 2013

Mademoiselle Daisy de la Clairière

Congé? Quel congé?

Un printemps à rénover une cuisine, à torcher de la poussière de plâtre, à rien faire d'autre de nos fins de semaine que de bizouner sur quelque chose dans cette foutue cuisine ou sur ce foutu terrain. Je dis « foutu » mais dans le fond, je suis vraiment fière de tout ce qu'on a fait chez nous. Surtout de mon chum qui s'est encore une fois surpassé dans ses talents de Bob Bricoleur.

La dernière fois que j'ai posté un billet, c'était le 19 mai. Depuis ce temps, le gazon a poussé (merci Hydrosol!) et fait bien des jaloux, les enfants sont en congé depuis deux mois, on a eu bien de la visite pendant plusieurs jours, contrairement à mon dernier congé où on a vu pratiquement personne à part le soir au soccer! Une petite semaine de vacances dans notre région natale et hop! Finies la liberté, les belles soirées à finir une bouteille de vin ou un pichet de sangria : on s'est acheté un chien.

Décision longuement mûrie, mettons 15 ans que je dis non à mon chum. Au début, en appart, non. Après, les bébés, non, non, NON!!! Une maman encore saine d'esprit mais qui en a par-dessus le pompon des flots ne s'achète pas volontairement un chiot. Si c'est le cas, c'est que vous voulez compenser pour le dernier bébé que vous n'aurez pas parce que moi, les bébés, c'était finito!

Bon. J'exagère toujours, vous le savez bien. Mon chum avait mis dans la tête des enfants qu'on allait acheter un chien cet été vu que MAMAN était en congé et qu'elle pourrait bien l'élever, comme ses petits poussinots quand ils sortent de la maison. Je me suis dit, ben pourquoi pas. Les enfants sont plus grands, plus autonomes. On, c'est-à-dire moi, a cherché LE chien idéal pour notre petite famille : gentil, doux, beau, calme, docile, pas trop hyperactif, pas trop gros, pas trop petit, parfait bref. Et surtout, un chien sur lequel on s'entendait en fait de beauté mon chum et moi. Ichh. Mon chum qui trippe sur les Poméraniens... ark.

Notre choix est tombé sur un Terrier du Tibet. On a eu la chance d'avoir la seule éleveuse de cette magnifique race au Québec à 45 minutes de chez nous et elle avait, comme par magie, une portée prête à partir en plein milieu de nos vacances en famille. En les voyant, c'est certain qu'on est tombé en amour devant ces petites boules poilues et la dame était si gentille et passionnée. Hors de prix, malheureusement. Vraiment hors de prix. Vous voulez pas le savoir.

J'ai dit à mon chum : on irait dépenser plein d'argent pour une chambre d'hôtel à Cape Cod à faire de la plage pendant une semaine mais on voudrait pas prendre ces sous-là pour s'acheter un chien pour en profiter au moins 15 ans? La réflexion n'a pas été très longue... bingo!

Le 19 juillet, durant une tempête de vent qui a ravagé plein d'arbres dans notre quartier et ailleurs, on est allé chercher notre chiot. On a choisi une petite femelle toute calme et indépendante que nous avons appelée Daisy. Les premiers jours et nuits ont été, je dirais, bizarres. Je me suis sentie comme si j'étais sortie de l'hôpital avec mon nouveau bébé qui dormait mal, mais ce bébé aurait eu un an et demi et fouillait partout, mordillait tout et se promenait tout nu pas de couche... Mal dormi, mal de cœur de pas dormir, checker toute la journée « yé où le chien??? », ramasser tous les souliers, fermer toutes les portes, aller 100 fois chez Mondou pour acheter des cossins de chien même si on était relativement bien équipés. Drôles de vacances.

Ça fait maintenant 5 semaines que Daisy a sa résidence permanente dans notre bulle. Pour avoir eu des chiens toute mon enfance et mon adolescence, je dois dire que j'ai pas trop perdu la touch. Je m'étais bien préparée en lisant des livres sur le dressage et à ce jour, je crois que je vais finir par faire du monde avec notre chien. C'est certain qu'en congé à la semaine longue, j'ai tout le loisir et la patience de lui montrer plein de trucs, de marcher, de lui consacrer du temps. Je suis bien chanceuse et j'en profite à fond.

Miss Daisy à deux mois et demi
On a bien fait de l'attendre, cette petite bobinette, elle est trop mignonne et on l'adore. Même si c'est ben de l'ouvrage, c'est toujours ben moins pire qu'avoir un troisième bébé, je vous le garantis.



Bonne rentrée dans la routine!


...et moi je profite des deux derniers mois qui me restent à vous écrire encore un peu, j'espère.





dimanche 19 mai 2013

Moi et les fous

Comme je vous écrivais que mon voisin s'était replacé sur la bonne track, le soir même, son innocent de frère arrive vers minuit et demi. Celui-là, c'est la peste. Quand il est là, ils s'engueulent tellement fort que, même les fenêtres fermées, on entend : « Get the fucking out of here!!! », ce qui, dans mon anglais approximatif, voudrait dire quelque chose du genre de câlisser son camp de chez lui.  Je dis ça sous toute réserve.  

Bref, je l'ai de travers, mon maudit voisin et voilà que jeudi (il est en congé supposément de maladie, gros points de suspension), je suis en train d'arracher les pissenlits sur ma tourbe morte. Lui arrache sa clôture et s'en fabrique une autre plus belle (c'est ce qu'il dit, jusqu'à temps qu'il se décourage et que ça reste tout arraché). Il est dans un high de bipolaire ou de dépendant, depuis dix ans, on reconnaît les phases malheureusement. Il est tout motivé, exalté, il est de bonne humeur et me jase comme si on était les plus grands potes de la Terre parce qu'on habite à côté. Moi, j'ai juste le goût dans ce temps-là, de lui glisser gentiment "QUESSÉ QUE T'AS DANS TÊTE QUAND TU GUEULES DE MÊME EN PLEINE NUIT???".

Je le fais pas. Gardons les relations au beau fixe.

Mon fils arrive de l'école et se jette sur l'arracheur de pissenlits et on est là, tous les trois, à placoter un peu. Mon voisin s'éparpille sur un autre projet, celui de couper son gros cèdre au complet. Mais voilà donc que le sosie de l'ex-ministre Michelle Courchesne, on va l'appeler Jacqueline, passe avec son Echo jaune or et arrête devant ma maison et nous observe.

Parenthèse. J'ai « connu » Jacqueline à la fin de mon premier congé, en octobre 2011. Elle s'était arrêtée pendant que je lavais ma voiture et a baissé la fenêtre de la sienne. En toute gentille fille que je suis, je vais lui demander ce qu'elle cherche puis elle débarque de son char et se met à jaser pendant, je dirais, un bon quarante-cinq minutes. Vient un temps où tu sais que tu pourras pas te sortir facilement de cette conversation décousue. Elle m'explique qu'elle a déjà habité dans notre maison (que c'était ben plus beau avant, yeah right!), elle me raconte qu'elle voit un psy, qu'elle a des problèmes de ché-pas-quoi, que les gens trouvent donc qu'elle est gentille, que les mecs qui la croisent trouvent qu'elle a ben de l'allure, qu'elle est donc smatte. Vous voyez le genre. Et elle se répète, et elle se découd et se recoud un peu. Pas méchante mais pas fine-fine. Elle finit par partir, je sais pas comment j'ai fait pour couper la conversation. Un autre jour, c'est mon chum qui était dehors et qui s'est fait pogner parce que, même si je lui avais raconté tout ça, il voulait pas être trop méchant avec mais son non-verbal voulait clairement dire : je veux rien savoir de tes histoires de folle.

Depuis ces deux événements, elle repasse quelques fois, on la reconnaît à chaque fois, c'est drôle pis pas. Le plus comique, c'est qu'elle se brasse la tête comme c'est pas possible en écoutant la musique trop fort dans son char. Genre comme dans le film Wayne's World quand ils écoutent Bohemian Rhapsody, allez voir le vidéo, ça ramène quelques années en arrière. Bref, la madame est pas toute là mais elle se souvient en maudit de la maison où elle restait, malheureusement. Fin de la parenthèse.

Jacqueline écoute les Beatles à fond, se branle la tête à s'en décrocher la perruque et nous observe sans gêne. Moi, je suis crampée de voir la face du voisin (c'est qui, ça, c'te folle-là?), de mon fils qui rit nerveusement (maman, la madame, a nous regarde pis elle s'en va pas!). J'explique vite vite l'histoire et je leur dis de ne pas la regarder trop longtemps pour ne pas l'encourager. Elle s'en va, va se revirer deux maisons plus loin et revient de l'autre côté de la rue pour nous réobserver. Reste deux minutes et va se revirer au coin de la rue et revient se planter devant notre terrain. J'ai un gros fou rire de voir la face des gars.  Mon fils, qui n'a pas encore eu son lot de monde bizarre, comprend rien mais trouve pas ça normal, c'est sûr.  Le voisin rit aussi mais trouve ça vraiment weird (c'est ça que ça fait, la première fois mais je l'avertis aussi qu'elle a dit à mon chum que tous les hommes la voulaient).  Un beau moment de complicité entre voisins (le seul en dix ans)...

Pas menaçante mais un jour, je vais bien finir par me tanner et lui dire gentiment de crisser son camp et ne plus revenir. Je sais pas si elle sera en mesure de comprendre.

Faudra bien qu'elle baisse sa musique.


À la prochaine, gang!

jeudi 9 mai 2013

Ce que je sais du voisin


Tant qu'à repartir mon blogue et pour boucler la boucle, je vais vous redonner des nouvelles de mon charmant voisin. Oui, le bizarre. Je dois dire que, depuis plusieurs mois, y a rien de surnaturel qui s'est passé chez lui mis à part qu'il a mis une pancarte « À vendre » devant sa maison en novembre. Que de joie! Ce que j'en sais de sa maison, c'est que c'est une scrap, son terrain encore plus. C'était une bonne idée de la mettre en vente l'hiver parce qu'on ne voyait pas le dégât de grosses roches qu'il avait placées pour se faire un « jardin » en spirale... Un peu d'imagination, s.v.p.!

Bonne idée pis pas. Il ne pellette jamais son driveway et il avait (encore) un vieux char qui rouillait dessus. Pas foule vendeur quand les visiteurs enjambent 4 pieds de neige pour rentrer dans la cabane toute déglinguée, qui empeste la cigarette ou autres, on sait pas! Après quelques mois d'essais infructueux, il a enlevé sa pancarte et a bien vu qu'il n'aurait jamais son prix (exorbitant, même pour un shack à Laval). Il s'est donc mis à la métamorphose beauté de son terrain et se met de la tite musique à 9h30 le soir juste comme on se couche. Il a aussi une nouvelle blonde qui a l'air d'avoir de l'allure (vite de même) donc on se dit : ben tant mieux pour lui! Jusqu'à la prochaine drop, malheureusement. Depuis le temps qu'on vit ici, c'est ce qui arrive : des hauts et des bas, comme tous les gens qui ont une dépendance. On ne voit pas trop ses enfants mais de toute façon, c'est écrit dans le ciel que mon fiston ne fraternisera plus jamais avec le plus jeune. C'est pas moi qui veut ça, il se l'est mis dans la tête et c'est pas prêt de sortir. Fiez-vous sur moi, je connais les idées bien arrêtées de mon tit-homme.

Troisième semaine de congé presque terminée et ça tombe un peu plus tranquille. Si j'étais assez sûre de moi pour reculer un trailer, j'irais chercher du paillis forestier pour l'étendre autour de la piscine. Mais juste l'idée me donne des palpitations alors j'attends mon gentil mari qui va me domper ça comme un pro. J'ai donné un coup de main à ma femme de ménage hier parce qu'elle serait restée 10 heures, vu la quantité de poussière qui trône sur mes meubles et dans tous les recoins. Je vous entends me juger. C'est ça, jugez-moi! Je garde ma femme de ménage même en congé, comme une grosse Bien-heureuSe parce que si je lui dit de pas venir pendant six mois, je la perds. Et vu qu'elle est trop bonne, je la garde jalousement. Si le deal était de torcher ma maison pendant six mois, cré-moi sincère que je l'aurais pas pris ce congé-là!

Je vous laisse, mon four fait toui-di-di-toui-di-di à répétition, mes petits pains aux bananes sont prêts! J'hésite à savoir si ça fait pro d'avoir un four qui fait de la musique ou si ça fait « cuisinette Little Tikes ». C'pas grave, c'est cool pareil, un four flambette!

Ciao les potes.

mardi 7 mai 2013

De retour avec le soleil!


Hé! Hé!  Ho! Ho!

C'est le retour!

Ça me prenait bien un autre congé de six mois pour avoir plus qu'une heure devant moi pour m'asseoir devant mon ordi.  Ben oui!  Encore un autre.  Des projets, cette fois?  Ben non!  Ben, pas vraiment.  Pas plus que pour l'autre congé d'il y a deux ans.  Quoique ça commence en lion avec notre rénovation de cuisine qui a débuté fin mars et qui n'est encore terminée.  Rassurez-vous, aucun pépin en vue.  L'affaire, c'est qu'on fait tout nous-mêmes, ou presque.  Je dis un "on" royal car je suis la gestionnaire de projet et mon mec se tape la sale job de bras.  Je fais les derniers gros achats, genre évier, céramique, robinetterie car j'ai maintenant du TEMPS!   Il y a à peu près 100% des chances pour que je ne passe pas l'été sur un chantier, et ça, je dois dire que je suis épatée, avec toutes les histoires d'horreur et de camping-qui-finit-pu que j'ai entendues.  N'empêche, ça roule, ma poule. Reste le primer à mettre sur les murs et les armoires à faire poser le 17 mai. Un record, tant qu'à moi. Deux mois à peine pour refaire une cuisine au grand complet, tsé genre vraiment au complet (murs, plancher, électricité, fenêtres, un peu de plomberie, TOUT!), ça mérite une bouteille de vin vraiment chère, mettons 25 piasses pour moi, pour fêter la fin de ce beau projet-là. Mon fils nous a dit qu'on pourrait fêter ça au resto mais je trouve ça un peu biz d'aller ailleurs que dans notre future belle cuisine... mon chum m'a dit que v'là quelques jours, j'avais eu la même idée. Hi! Hi!


Donc, deux semaines achevées et j'ai couru pas mal.  Courir, on s'entend, en char, de magasin en magasin et sur notre terrain à profiter des premiers rayons de soleil du printemps pour râteler le gazon (enfin, ce qu'il en reste car l'interdiction d'arroser l'été passé a eu raison de 90% de toute la superficie du gazon), enlever les vieilles feuilles de l'automne passé, retirer la toile de la piscine pour la faire sécher et pour admirer notre beau trou d'eau noir, laver les vêtements d'hiver (mon rituel préféré au printemps!). Ah et puis j'ai lavé, relavé et re-relavé mon plancher de céramique flambette à cause du coulis qui finit pu de pas s'enlever et j'ai torché comme une folle pour essayer de donner un semblant de dignité à ma demeure après les passages du plâtrier, le plastreur comme on dit dans mon pays. J'en ai vraiment marre de voir de la poussière. Je mouche et je tousse depuis deux semaines. Vous allez peut-être me dire que c'est aussi un conflit de territoire, ben vous aurez en partie raison. Une chose est sûre, c'est qu'avec tout ce que j'ai à faire, j'ai pas le temps de travailler pis je suis contente en maudit! Maman, a travaille pas, a l'a trop d'ouvrage à maison!


Vous allez me trouver vraiment crack pot mais je suis pas capable de pas écouter de livre audio dans mon char. La radio, c'est platte, je suis pas capable plus que cinq minutes. Les deux seules raisons qui me donnaient un peu la lippe de partir en congé, c'était de ne plus voir mes charmantes collègues à tous les jours pour placoter/rire/les niaiser un peu ET de ne plus faire 45 minutes de voiture à chaque jour pour écouter mon livre. Une vraie folle, je vous dis! Ben ça a pas pris une semaine que je suis allée à la bibli me prendre un livre pas trop long, genre 6-7 heures, pour mes nombreux déplacements. Tsé quand t'es mordue, comme un chien qui vient avec le nonos quand tu lèves ben haut ledit nonos. Si ça vous tente, je vous donnerai mes meilleures écoutes depuis l'été passé dans un prochain post.


Je sais pas si vous le savez mais ce blogue sert principalement à combler un besoin de jaser. Étant toute seule toute la journée, je suis loin d'être triste et je ne m'ennuie jamais mais j'ai un réel manque de placote. Je me surprends à apprécier une bonne jasette avec n'importe qui, moi qui est sauvage comme dix. Donc, si vous avez le goût de me répondre, je serai incroyablement contente de voir que je parle pas toute seule! De toute façon, vous faites ce que vous voulez, moi ça me fait du bien de recommencer à vous raconter des niaiseries.







samedi 8 septembre 2012

Si j'en imprimais...


Pour m'aider à supporter mon corps en ce dimanche de canicule de fin août, je suis allée faire un petit tour dans les magasins de meubles et déco. On a rénové la salle de bain du rez-de-chaussée en mars et je n'ai pas encore trouvé les foutus porte-serviettes et le papier de toilette est, depuis ce temps aussi, astucieusement placé sur la vanité. Pis, tant qu'à y être, me dit mon chum, check donc pour un cadre. Tant qu'à y être aussi, commence donc à checker les électroménagers pour l'an prochain, question de savoir combien ça va nous coûter, c'te cuisine-là. Il sait que j'aime ça, fouiner un peu pour rêver.

Résultat : pas encore trouvé les porte-serviettes parce que j'ai mon idée et je la trouve à nulle part. Un genre d'échelle en demi-lune pour accrocher plusieurs serviettes que j'ai vue sur internet mais qu'ils vendent seulement en Europe. Pas question de payer pour du shipping, il doit bien y avoir quelque chose qui y ressemble un peu dans le tas de magasins que j'ai près de chez moi! Ben non! Moi pis mes idées qui me décollent pas de la tête... Je trouve rien de beau, tout est ordinaire. Si vous êtes comme moi et que vous aimez regarder les photos de déco pour vous inspirer, remarquez bien comment les porte-serviettes/porte-papier de toilette ne sont JAMAIS mis en évidence, même dans les salles de bains à 20000 piasses! Et souvent, pas de farce, la serviette pour s'essuyer les mains est pendue sur le bord du lavabo, comme une jetée sur un divan. Pourquoi je me casse la tête quand c'est déjà si chic de laisser ça de même!

Je suis aussi allée fouiner au gros magasin de meubles nouvellement construit près de chez moi. J'habite dans une ville relativement aisée où les propriétaires de magasins se font accroire que les gens se peuvent pu d'aller dépenser leurs millions chez eux. Nous avons donc plusieurs immenses bâtisses sur trois étages remplies de divans, de tables, de tivis et d'électroménagers légèrement hors de prix. Je rentre et je constate, vu que ça vient d'ouvrir à 11h, que les vendeurs se tournent les pouces et qu'ils m'ont spottée comme une nuée de mouches noires sur une pitoune parfumée en plein mois de juin. La vendeuse gagnante vient me donner sa carte de vendeuse et m'invite à la « caller » (c'est moi qui le dit) si j'ai besoin. Parce qu'elle reste tellement près (je sens son regard me picoter la nuque) que j'ai le goût de courir à travers les divans et me cacher dans un des buffets.

Après avoir fait le premier étage, 30 minutes plus tard, elle revient à la charge en me demandant ce que je cherchais exactement pour qu'elle puisse m'aider. Ben rien, je t'ai dit tal'heure, mouche à marde! Je fouine, c'est tout! Je l'ai pas dit pour vrai, voyons.

Je monte au deuxième, section autres divans fancy et électros que le nouveau vendeur attitré à moi frotte assidûment avec sa tite guenille et son ti-stuff à stainless (ça donne le goût). Lui y avait pas de carte mais il me suivait désespérément comme son acolyte du premier, comme si j'avais l'air de la madame qui allait clancher 10000 piasses de poêle-frigo-lave-vaisselle à matin. Tsé, quand tu penses positif.

Des idées, j'en ai eues. Tout est une coche au-dessus de ce que la classe moyenne peut se permettre pour meubler leur bungalow ordinaire. Alors, la question est : ça vaut-tu la peine d'avoir une si grande surface de beaux meubles chers et autant de vendeurs pour 1% de la population métropolitaine qui est pleine aux as? Ça me fait toujours freaker quand je vois une nouvelle boutique de produits luxueux ouvrir ses portes près de chez moi. Y a-tu juste moi qui ne peux pas s'approvisionner en chaudrons de toutes les couleurs chez Le Creuset? Et qui se paie le frigo à 8000$ que j'ai vu tantôt? Tu mets quoi là-dedans? Ton baloney pis ta Coors light? J'avais le tournis tout à coup. Y a quelque chose qui a tilté dans ma caboche et je suis sortie du magasin, les deux pouces dans les poches d'en avant, l'air relax mais au fond de mon moi-même, j'étouffais ben raide.

Je suis du genre tout le temps contente de ce que j'ai, sauf bien sûr, mon plancher de céramique de cuisine dont le coulis est tout pété. J'aime les belles choses mais je ne ré-hypothéquerais pas ma maison pour m'acheter une plaque à induction absolument. Quoique... ben non! Tout ça m'a donné le goût de vous partager mon trip de richarde, ou plutôt la seule chose pour laquelle je ferai une folie, un jour : un tableau. Un gros pis trop cher. À chaque année, je vais au symposium de peinture près de chez moi et je fais le tour en rêvassant. Pas connaisseuse en peinture, pas pantoute. Juste le feeling que certaines me font ressentir me donne le goût de sortir ma carte et de partir avec une immense œuvre de Luce Lamoureux, Daniel Vincent ou de Kim Veilleux. Je le vois tellement déjà sur mon mur que je ne ferai même pas le saut quand je vais l'avoir en vrai!

Et vous, votre folie, c'est quoi?




samedi 18 août 2012

Le jour le plus long de ta vie


J'ai scrapé mon dernier lundi de congé.

Deuxième semaine de camp de jour pour les flots, qui aimeraient toujours mieux rester à la maison mais quand faut y aller, faut y aller, pas de discussion. SAUF QUE vendredi, j'avais émis l'hypothèse de garder les enfants à la maison si et seulement si, la meilleure amie de ma fille n'y allait pas ce jour-là. Automatiquement, en sachant que l'amie en question y allait, ça allait de soi qu'ils y allaient aussi. SAUF QUE mon gars a un peu de misère avec les peut-être. Dans le doute, s'abstenir de dire quoi que ce soit. Moi pis ma grande gueule. Alors, en ce beau lundi matin, Fiston boque (encore) pour ne pas aller au camp de jour, tout en sachant très bien que je suis en congé et que j'avais dit que je les garderais à la maison (avec un peut-être pas entendu encore une fois). Et me voilà à 7h30 le matin, les baguettes en l'air, des pistolets dans les quenoeils et la steam qui me sort du nez, en train de proférer des menaces de journée d'enfer (le contraire de cool, vous voyez le genre). Fiston me tient tête comme seul lui peut le faire mais je réussis à le faire embarquer dans l'auto avec sac à dos et sac à lunch au cas où il changerait d'idée (ma fâcheuse habitude d'être optimiste). C'est sûr que, rendu là-bas, il ne veut pas débarquer alors je le ramène en tirant virtuellement du fusil avec mes yeux dans le rétroviseur et je me dis qu'il doit se taper dans la mitte d'avoir réussi à gagner une journée de plus de fin de semaine. Sans le faire voir quand même car il ne sait pas s'il peut y avoir tout à coup un eject sur la banquette arrière.

Mea culpa. Par ma faute, par ma très grande faute.

« La journée se passera selon MES règles. J'ai des choses à faire et je n'ai aucune minute à te consacrer. Le DS, l'ordinateur, le Gamecube, la Wii et la télé sont in-ter-dits. Tu as le droit de lire et considère ça comme une chance incroyable. Je fais de la bouffe une partie de la journée et tu n'as pas le droit de m'aider car tu trouves ça le fun. Tu devras m'accompagner à l'épicerie même si ça te tente pas. La piscine est permise juste pour te saucer deux minutes parce que je ne suis pas supposée avoir quelqu'un à surveiller aujourd'hui. Tu vas tellement pas aimer ta journée que demain, tu vas pleurer pour aller au camp de jour. Aimerais-tu mieux y retourner tout de suite? 

Moui...

Ah mais là, tu vas arriver en plein milieu d'une activité, ça te tente toujours?

Non. Mais si je t'aide toute la journée, est-ce que tu vas le dire à papa?

Ben voyons! Certain que ton père va le savoir!

Ouiiiiiin! Je veux pas que papa le sache! » (De quoi t'as peur? T'es pogné avec une mère en furie right now et tu crains la colère de ton père dans 7 heures???)

Et c'est cela qui est cela. Une bonne partie de la journée à froncer des sourcils et même quand la frustration se tasse, je tiens la corde serrée pour ne pas que cette journée devienne agréable. Fiston a plié les deux bacs remplis de linge et a rangé le tout (oui!oui!) de sa propre initiative. Il est allé par trois fois porter les résidus de légumes dans le composteur en me demandant s'il était mon serviteur (ouais mon pit!). Il a lu tous ses livres de bibli et quand il est venu me voir pour me demander ce qu'il pourrait faire, je lui ai fait passer l'aspirateur partout au rez-de-chaussée. Je faisais du Jell-O et il voulait le brasser et là, je lui ai dit : «  c'est-tu l'fun, ça?

Non... (avec des yeux remplis de pôptitude).

Juste un peu, d'abord. »

En allant chercher sa grande sœur au camp, il lui raconte toutes les choses terribles que je lui ai fait faire et lui dit : « c'était pas la pire journée de ma vie mais c'était pas la plus belle non plus. En tout cas, t'es ben chanceuse d'être allée au camp de jour! »

Vous jugez sûrement gros comme le bras mais vous connaissez pas le moineau. Depuis qu'il est sorti de mon ventre, il y a de cela huit ans, il nous boque ça régulièrement et souvent, sans raison autre que «ça me tente pas ». On a tellement d'heures de négociation accumulées avec cet enfant-là que je suis certaine qu'on pourrait travailler avec la police dans les pires prises d'otage. Les moyens détournés, les flatteries, les menaces en l'air et réelles, le chantage, lui promettre la lune, ça vaut pas un clou. Tous les beaux enseignements qu'on avait eus dans nos cours de Parent-guide, Parent-complice, pshitt! Partis! L'Alzheimer du parent incompétent. Cette fois-ci, il était triste que son ami soit en vacances donc absent du camp de jour et avait peur d'être tout seul. Je lui ai expliqué de long en large que je ne l'aidais pas du tout en le gardant ici parce qu'il retardait le problème qui allait se poser de toute façon le lendemain. La timidité, j'en connais un bout mais je sais que, sans une « petite » poussée de notre part, il ne se mettra pas volontairement dans des situations où il doit aller vers les autres, s'ouvrir à eux et avoir confiance en ses moyens de faire connaître sa belle personnalité.

Mon cœur saigne quand je les voie affronter les 50 enfants lâchés lousse dans le centre communautaire et je revis des moments de mon enfance où j'ai pleuré en allant au terrain de jeu. Et ma mère qui m'a ramenée, sûrement en sacrant dans son for intérieur qu'elle aurait pu avoir un peu de temps pour elle, étant maman à la maison. Mais non! Peut-être que si elle m'avait obligée... Je l'aurais sans doute détestée pour ça. Serais-je devenue une jeune fille plus dégourdie? Plus confiante? Plus sociable? Allez donc savoir. Cela dit, les chats donnent pas des chiens et nos enfants, ben, gênés ou pas, y ont pas le choix de se dégourdir plus vite parce que leurs méchants parents travaillent toute l'année.

J'ai hâte de voir, dans dix, vingt ans, ce qu'ils vont nous reprocher. J'ai comme l'impression que ce sera pas le camp de jour.


lundi 6 août 2012

Slush mommy en surchauffe


Je sais pas pour vous autres mais cette année, j'aurais bien repris un six mois de congé. Ça a l'air que tout se paie et qu'il faut se lever le matin pour pouvoir profiter de la vie... plus tard. Vu qu'à partir d'avril 2013, je serai encore une heureuse fois hors service, je n'ai pris cet été que trois semaines de vacances. Elles sont déjà finies mais je dois dire qu'avec la chaleur et l'humidité qui nous accablent tous, ceux qui n'ont pas la clim à la maison, l'impression de vacances s'étire au bord de la piscine avec un drink en plein mardi. L'avantage de ne pas avoir d'air frais à la maison a comme avantage de vouloir courir à la job pour se rafraîchir.

Parlant drink, y a-tu quelqu'un qui n'a pas « ma » recette de slush? Je dis « ma » entre guillemets parce que je ne l'ai pas inventée. Ma mère nous en faisait et en fait encore mais j'ai adoptée celle d'une collègue qui m'a confié, jadis, en avoir fait (et bu) trois batches l'été où elle s'était séparée... Je me suis dit qu'elle devait être bonne.

**Slush ou sloche ou schlotte comme disaient mes enfants!**


(Préparez-vous un méga bol à salade pour le mélange sinon vous allez vous faire avoir en plein milieu de la recette ainsi que trois pots de crème glacée vides et propres, bien sûr!)

-1 boîte de 48 onces de jus d'ananas (ça n'existe presque plus dans les épiceries mais vous pouvez en acheter en d'autres formats en autant que vous respectiez la quantité au total)
-1 boîte de jus d'orange congelé sans pulpe (sinon ça jamme dans la paille!)
-1 boîte de limonade congelée
-1/2 tasse de sucre
-6 tasses d'eau
-750 mL (26 onces) de vodka ou de rhum (selon ce que vous êtes encore capables de boire avec vos expériences de boésson).

Vous mélangez le tout question de faire fondre le sucre et vous mettez votre soupe dans des pots de crème glacée de 2 litres et vous congelez. Ça en remplit 3. Pour servir, vous grattez le mélange, déposez dans un petit ou un grand verre, selon l'heure et votre envie de faire le party, et vous ajoutez du 7up ou du Sprite avec une tite paille de couleur festive comme sur les revues. Ça rafraîchit le dedans et ça relaxe les papattes en revenant de la job. Version mommy : remplacer la limonade par une petite bouteille de jus de citron Realemon. Le résultat est moins sucré et plus acidulé mais tout aussi plaisant.

Restons dans les plaisirs d'été, ou plutôt du mois d'août.  Je viens d'aller acheter les fournitures scolaires de ma grande en fin de semaine, entre filles. On regarde les étiquettes autocollantes et je lui dis qu'on pourrait en faire imprimer à l'ordi, ce serait moins long que de les écrire à la main. Et ma fille de répondre : « Oui, mais ça gâcherait tout le fun... ». La vraie fille à sa mère. Est-ce purement fille, cette manie de tripper sur les nouveaux cahiers-crayons-étuis-sacs à dos? En connaissez-vous un gars, grand ou petit, qui capote d'aller à la papeterie pour choisir LE PLUS BEAU pousse-mine du magasin?

On aura beau dire, la génétique, c'est fort.

Bonnes vacances à ceux/celles qui ne les ont pas eues encore et à très bientôt! J'ai un autre post dans le collimateur après ma journée d'aujourd'hui...