- Maman, est-ce que tu crois en Jésus? me demande mon charmant fils.
- Non.
- Ben moi, j'y crois.
- Ah ouais, pourquoi?
- Ben quand tu crois en lui pis tu lui demandes des choses, ben tu les as!
- Pourquoi Jésus? T'aurais pu choisir Bouddha, t'es pas baptisé, t'as le choix.
- Non, moi c'est Jésus. En plus, il est mort pour nous sauver.
- Où t'as entendu parler de ça? À l'école?
- Non, c'est Jésus qui me parle.
Y en a qui vont y voir une révélation. Moi je vois un esprit de contradiction.
Bonne fin de semaine!
vendredi 27 mai 2011
mercredi 25 mai 2011
Une petite brique pour s'assommer?
C’est pas parce qu’on est en congé qu’on tombe systématiquement sur des livres inspirants. Alors, pour vous éviter de longues heures perdues, je vous fais un rapide résumé des histoires plattes que j’ai lues récemment.
*Là-haut, tout est calme, de Gerbrand Bakker
Pourquoi j’ai pris ce livre-là à la bibli, je le sais pas moi-même mais je crois que c’était parce que ça se passait dans la campagne hollandaise et que c’était supposé être une grande révélation dans le monde littéraire (selon ce qui était écrit en arrière). Alors l’histoire, c’est un homme de 55 ans qui hérite de la ferme familiale parce que son frère jumeau est mort et que c’est lui qui aurait dû s’en occuper. Le gars est pas à sa place du tout, doit s’occuper de son père mourant et sa vie est tout sauf excitante. Un jour, il décide de changer son père de chambre et de faire des petits changements dans la maison parce que ça lui pogne tout d’un coup. Et là, j’espérais qu’il se développerait une belle émancipation venant de cet homme pogné et constipé, mais pas tant que j’aurais voulu. C’était tellement discret que je me demande si j’ai rêvé qu’il y en avait eu une. J’aime les histoires lentes, avec de la profondeur, de l’introspection mais je suis restée sur ma faim. Je me suis faite violence pour le terminer car je croyais à un super punch à la fin mais ne l’attendez pas, il n’y en a pas. Bref, ne perdez pas votre temps et laissez ça aux gens qui sont en congé et qui tournent en rond (genre pires que moi). *Une épine dans le cœur, de Liz Curtis Higgs
Un beau gros livre de "médames" à 3,71$ chez Wal-Mart avec une histoire d’amour en Écosse (encore!) vers la fin des années 1700. Je me suis dit que j’avais rien à perdre si c’était platte. Depuis plusieurs années, j’ai cessé d’acheter des livres parce que, oui, ça coûte cher mais aussi parce que je n’ai pas de place, ni de plaisir à les accumuler. Cela dit, j’ai perdu mon 3,71$… imaginez : le beau mec de l’histoire s’appelle Jamie. Allô la madame??? Étiez-vous sur une autre planète les dix dernières années??? Elle a écrit son livre après que la série « Le Chardon et le Tartan » soit commencée et que LE Jamie fasse désormais partie de l’imaginaire de toutes les médames qui se sont tapées les douze mille bibles de Diana Gabaldon. Si ce n’était que ça, ce serait tolérable mais le roman, bof, rien de palpitant, les filles sont niaiseuses, les gars tout autant, les parents trop dictateurs et manipulateurs pour qu’on ait le goût d’être transporté sur ces belles terres d’Écosse. Malheureusement, il y a déjà un deuxième tome qui est sorti et mon amie l’a déjà acheté (parce qu’on achète toujours les mêmes affaires sans se le dire), alors je vais lui emprunter pour souffrir encore un ti-peu, question de boucler la boucle (j’espère!). À lire à la place, si vous ne l’avez pas encore lue, la série de Sonia Marmen "Cœur de Gaël". Un million de fois meilleur.*L’art difficile de ne presque rien faire, de David Grozdanovitch
J’ai eu un déjeuner rapidos avec ma moyenne sœur (j'ai deux soeurs plus jeunes) à l’aéroport la semaine passée car elle arrivait d’Atlanta et transitait par Montréal. En passant, elle me prêta ce bouquin en me disant qu’elle avait bien essayé de le lire mais qu’elle n’était pas encore rendue là dans sa vie. Vous voyez, j’ai dit à ma sœur que je n’avais pas de projets pour mon congé de six mois et elle m’a confié qu’elle aurait l’impression de perdre son temps si elle ne faisait rien durant tout ce temps. Rien, on s’entend, avec des flots, c’est pratiquement impossible. Alors, peut-être pour atteindre un état de zénitude comme le mien (ah!ah! ben oui), elle s’était mise à lire cet assommoir. Car c’est bien ce que c’est. Je l’appellerais plutôt : « L’art difficile de presque lire le livre » parce que je n’ai pas été capable de le terminer. C’est du frotte-bedaine de paresseux qui se prélasse et qui trouve que tout le monde est con de ne pas procrastiner. D’après moi, ceux qui peuvent avoir du plaisir à lire ces petits textes sont ceux qui se donnent déjà des tapes dans le dos parce qu’ils ne foutent jamais rien, anyway. Ce qui n’est pas mon cas car je n’ai pas pris un congé pour réfléchir à la poésie dans mon hamac. J’aime rien faire sur une courte période mais pas de là à en faire une religion. Je suis aussi capable de ne pas avoir de projets sans paniquer devant le vide. Car la vie passe si vite, je me suis seulement donné la chance de la voir ralentir un peu.Ça reste mon avis mais vous ne pourrez pas dire que je ne vous ai pas averti! (et désolée, j'ai de la misère avec les polices du texte, ça change tout seul!)
vendredi 20 mai 2011
Petite joie
Je dois vous confier que ma sixième semaine de congé a été sous le signe de la déprime. C'est loin d'être mon genre d'être affectée par la température extérieure et même d'en parler tout court. Là, je commence à en avoir mon truck de la flotte. Je me permets de le dire une fois parce que je sais que, pour vous qui travaillez, ça doit vous faire capoter de pas pouvoir profiter du timide rayon de soleil qui sort deux minutes à deux heures de l'après-midi.
Jeudi, après être allée me faire remettre les énergies sur la track, mon amie m'a conseillé de faire une sieste, ce que je ne fais jamais. Je me suis essayée et j'ai réussi à dormir 45 minutes jusqu'à ce que la madame de la ville m'appelle pour les cours des enfants. En arrivant en haut, je vois-tu pas le soleil! Allô beauté!!!
Je ne fais ni une ni deux, je me garoche sur le balcon arrière, là on cuit habituellement l'été, et j'offre mon visage encore endormi et mes jambes de vampirette à ces longs bras chauds qui m'entourent et remettent de la chaleur dans mon petit coeur tristounet. C'était comme voir arriver Robert Downey Jr. juste pour vous, qui vous dit: "Salut ma belle, viens ici qu'on se colle un peu pendant que ton chum est pas là..."
C'était juste pour vous faire rire un peu. J'en ai profité pour vous qui étiez sous les néons!
Bonne fête des Patriotes, les copains-copines!
Jeudi, après être allée me faire remettre les énergies sur la track, mon amie m'a conseillé de faire une sieste, ce que je ne fais jamais. Je me suis essayée et j'ai réussi à dormir 45 minutes jusqu'à ce que la madame de la ville m'appelle pour les cours des enfants. En arrivant en haut, je vois-tu pas le soleil! Allô beauté!!!
Je ne fais ni une ni deux, je me garoche sur le balcon arrière, là on cuit habituellement l'été, et j'offre mon visage encore endormi et mes jambes de vampirette à ces longs bras chauds qui m'entourent et remettent de la chaleur dans mon petit coeur tristounet. C'était comme voir arriver Robert Downey Jr. juste pour vous, qui vous dit: "Salut ma belle, viens ici qu'on se colle un peu pendant que ton chum est pas là..."
C'était juste pour vous faire rire un peu. J'en ai profité pour vous qui étiez sous les néons!
Bonne fête des Patriotes, les copains-copines!
jeudi 19 mai 2011
Grand talent philosophise...
Sous la grande recommandation de quelques amies du travail, j’ai lu le livre “Le Why Café” de John P. Strelecky. C’est l’histoire d’un homme qui se prend une semaine de vacances, seul, pour prendre de l’air et réfléchir à sa vie. Il se perd en route et pratiquement désespéré, il finit par trouver un petit café au milieu de nulle part, le Why Café. Il y entre parce qu’il est vraiment à boutte et commence à regarder les gens et le menu, qu’il trouve un peu biz. Sur le menu, il est écrit trois questions, à méditer pendant que les clients attendent :
Le livre est un peu redondant, dans le style du Secret. Le gars catche pas vite vite le sens des questions et les dialogues comme tels sont un peu plattes, à mon humble avis. Mis à part les belles leçons qui y sont véhiculées, auxquelles j’adhère (mais ne pratique pas à 100% ) depuis longtemps , je n’ai pas adoré ce livre. D’après moi, il risque plus de toucher les personnes qui attendent leur retraite pour vivre leurs rêves alors que la vie est maintenant. Personne ne sait de quoi demain sera fait, si vous serez encore en couple, en santé, en vie tout simplement!
Trouvez un travail que vous aimez, faites votre voyage tant rêvé, apprenez un instrument de musique, partez votre chocolaterie, déménagez, écrivez votre blogue!
Dormez là-dessus.
-Pourquoi êtes-vous ici?
-Craignez-vous la mort?
-Êtes-vous pleinement épanoui?
Un café philosophe avec des proprios qui s’amusent à poser des questions qui tuent à leur nouveau client, à le faire réfléchir, à lui faire prendre conscience qu’il est à la croisée des chemins et qu’il doit essayer le plus possible de répondre à ces questions pour prendre la meilleure direction.
Cela dit, la question « pourquoi êtes-vous ici? » doit être posée à la première personne : « pourquoi suis-je ici? ». Est-ce que je suis où je veux être ou est-ce que quelqu’un m’a dit d’être ici? Est-ce que je choisis toujours où je veux être, la situation dans laquelle je suis? Est-ce que je me laisse bombarder de messages (télé, radio, internet, amis, famille) qui me disent de faire telle chose pour mon bien-être alors que je n’en veux rien mais je le fais quand même? Le but ultime de la question est de trouver sa vraie raison d’exister, celle qui nous fait vibrer, celle qui nous fait répondre à la deuxième question : non, parce que je fais ce que j’ai toujours voulu faire donc je suis pleinement épanoui maintenant que je suis à l’écoute de mes vibrations intérieures.
C’est comme ça que je l’ai compris. J’ai accroché sur l’histoire du pêcheur qui rencontre un homme d’affaires en vacances. Le pêcheur a une vie parfaite, selon lui, à faire ce qu’il aime à tous les jours et être avec les personnes les plus importantes de sa vie. L’homme d’affaires lui demande pourquoi il ne pêcherait pas plus de poissons pour les vendre, pour s’acheter un autre bateau, engager des employés et ouvrir un bureau en ville pour avoir un gros moton d’argent pour la retraite. Le pêcheur lui demande le but et l’homme lui répond qu’il pourrait pêcher quand il veut, relaxer et être avec les personnes qu’il aime, sauf ses enfants bien sûr car ils seraient partis de la maison. Et l’heureux pêcheur, souriant, souhaite de belles vacances à l’homme qui n’a visiblement rien compris. Vous voyez la question maintenant : « pourquoi attendre de faire ce qu’on veut quand on peut le faire tout de suite? »
Trouvez un travail que vous aimez, faites votre voyage tant rêvé, apprenez un instrument de musique, partez votre chocolaterie, déménagez, écrivez votre blogue!
lundi 16 mai 2011
Le choc des valeurs (ou ayoye mon petit coeur de poule).
J’ai eu récemment l’impression d’avoir appris quelque chose à coups de taloches. Plusieurs coups, qui font mal, qui tordent le cœur, le grafignent et lui arrachent des petits morceaux en même temps. Je suis même pas sûre que ça m’est bien rentré dans la tête en plus. Au moins, je n’étais pas la seule à souffrir. Le père de mes enfants partageait et vivait le même mal que moi : celui de voir notre fils vieillir trop vite.
Oh, en lisant ça, vous allez nous trouver bien moumounes de réagir comme ça. Quoique vous en pensiez, je vous livre nos sentiments bruts, à chaud parce que pas encore bien compris et analysés. Peut-être vous l’avez déjà vécu ou le vivrez un jour. Peut-être aussi vous l’aborderez mieux que nous, j’espère.
Mise en scène : un voisin louche, séparé depuis plusieurs années, deux enfants dont il n’a pas la garde, ou si peu, travaillant de temps en temps, pète des coches monumentales en plein milieu de la nuit, une fois de temps en temps. Son terrain est une dompe, son entrée est une cour à scrap et sa piscine hors terre est remplie de grands fouets qui sont devenus des arbres depuis le temps. Voyez le profil? Dans mon pays, on appelle ça un gigon.
Je vous ai raconté que j’ai une grosse bulle épaisse concernant les amis et que mon fils s’était matché avec le plus jeune du voisin ci-haut mentionné depuis moins d’un mois (voir le post : La grosse pas fine). Les enfants sont chez leur père depuis que leur mère est dans un centre pour l’aider (dixit le petit voisin). La mère est en éternelle dépression et si j’avais un ex comme lui, je ferais pareil. Les jours d’école se succèdent sans trop de problèmes, les gars jouent assez bien et les crises pour rentrer diminuent, heureusement.
Quand tu dis, se revirer sur un dix cennes, écoutez ben ça. Ma fille nous dit, vendredi avant souper, que son frère a donné son 20$ à son ami pour qu’il aille lui acheter des figurines de Lapin Crétin.
- Ah. HEIN? QUOI?!
- Je lui ai donné 11 dollars pour qu’il retourne m’en acheter d’autres.
Eh merde. C’est le petit voisin qui compte, mon fils connaît rien à l’argent et il doit avoir une trentaine de dollars dans sa banque. On se dit, ben quand t’en auras pu, ce sera fini. Pis on se regarde et on se dit qu’il se fait crosser assurément, mais bien sûr, sans avoir de preuves, juste des préjugés. Il se met à mouiller dehors et mon fils a une confiance inébranlable que son ami va aller lui acheter les bébelles quand il va arrêter. Ben oui.
Le samedi, ding dong, ça sonne encore. Il mouille toujours, je dis au petit voisin de rapporter tous les sous pour qu’on aille avec eux acheter les cochonneries, en auto, et pour contrôler les dépenses, bien sûr. Il revient avec tous les sous, comme prévu, sans malice. On se dit, y en a pas de problème, il ne pense sûrement pas mal faire, pourquoi on pense qu’il veut voler de l’argent à notre garçon? Parce que son père a pas une cenne? On est-tu si bourrés de préjugés que ça? Pourquoi on lui fait pas confiance? Parce qu’un enfant laissé à lui-même comme lui, ça peut pas faire autrement que d’être croche, même à 9 ans? Ben voyons, on est ouverts, ici, non? Non? Pas vrai, pitou?
Mon chum part avec les enfants pour acheter les Lapins Crétins avec LEURS sous et dit à Dédé (le petit voisin) de demander à son père s’il peut venir (tsé, t’as pas le goût d’avoir du trouble avec un irresponsable de même). Il répond que son père veut, de toute façon, il s’en fout. Ça me fend le cœur d’entendre ça, moi qui surveille mon gars en train de jouer avec lui, comme une lionne en cage pour ne pas qu’il lui arrive un malheur. Il est toujours en train de sonner chez nous, c’est dur de dire non, ce serait la guerre à chaque fois. Ils s’amusent bien, les garçons, c’est bien ça qui est le pire pour moi. Je me sens cheap à mort de penser du mal de cet enfant-là, de vouloir qu’il s’en aille alors que c’était le rêve de mon bonhomme d’avoir un ami à côté de la maison. Lui qui ne veut jamais jouer seul, qui rêve, dans un sens, d’avoir le droit de tout faire, comme Dédé. C’est poche, je retourne tout ça dans ma tête, je jase avec mon chum, qui se sent pareil à moi, on se dit qu’on va s’habituer, que c’est quand même un bon petit gars même si son père, c’est un casse.
Deux gars, deux familles carrément différentes. Si le mien n’était pas si influençable, si généreux, s’il savait que c’est pas parce qu’on est des attardés qu’on laisse pas Dédé le « surveiller » s’il traversait le boulevard avec lui. À sept ans, on connaît rien du danger. Et nous, on le voit partout. Trop, sûrement.
Durant le souper, hier soir, son ami vient sonner. On lui dit que Fiston ne sort plus après le souper, à demain, bye.
-Pourquoi je peux pas aller jouer avec Dédé?
- Parce que c’est le soir, la douche, l’école demain.
-Oui mais demain, je pourrai pas le voir, il s’en va chez sa mère!
-Ah… AH OUI?!!!J J J
-Oui! Pis en plus, il va y aller toute la semaine!!!
Moi, tout ce que j’ai entendu, c’est que je venais de gagner une semaine toutes dépenses payées à Bora Bora.
À suivre.
mardi 10 mai 2011
Mois numéro un: réussi!
Ouais ben, c’est déjà le bilan de mon premier mois de congé.
Je n’ai qu’une phrase pour le résumer : la vie passe vite même si on travaille pas et on se couche fatigué quand même.
Quatre semaines plus ou moins bien remplies. Une semaine de : « Wouhou! Je m’en vais magasiner et je prends tous mes rendez-vous! », une deuxième de : « J’en reviens ben, du magasinage pis j’ai tout pris mes rendez-vous alors je m’effoire un peu », la troisième sur le cul avec une maladie inconnue qui enlève toute envie de fournir un effort et la quatrième avec de la flotte et du froid, un rendez-vous pour faire poser mes nouveaux mags sur mon char, un petit dîner scrapbooking dans la classe de ma fille et une petite saucette de mon amie vendredi midi, où j’ai pogné mon deuxième coup de soleil de l’année parce que trop contente de profiter d’un peu de chaleur sur mon balcon.
Le tout ponctué de nombreux lavages et de ce qui s’ensuit, de visites à la biblio avec ou sans les enfants, de belles marches où je me gèle encore les fesses et les oreilles et sans oublier mes deux cours hebdomadaires de gymnastique sur table. La prof s’en donne à cœur joie et j’ai à peine le temps de reposer mon corps souffrant qu’il faut déjà que j’aille à l’autre cours. Pôvre de moi.
J’aimerais que le goût de cuisiner revienne m’habiter un jour, qui n’est pas encore arrivé malheureusement. Oh, mais je me suis gâtée pour la fête des Mères! J’ai essayé une recette (réussie) de crème brûlée au Bailey’s, s’cusez pardon. En allant faire des emplettes chez IKEA la semaine passée, j’en ai profité pour acheter des petits ramequins et essayer les nouvelles caisses libre-service. J’ai adoré jouer à la caissière même si c’est vaguement ressemblant à une des mes tâches de travail. Bip! Bip! 40,76$ s.v.p. madame. MasterCard? Votre reçu. Bonne journée! Un vrai bébé. On est retourné dimanche pour acheter des commodes et mon gentil amoureux m’a laissé scanner mes boîtes et je faisais des gros yeux aux enfants qui voulaient me prendre ma place : NON, c’est MAMAN qui le fait!
Le beau temps semble de retour pour un petit bout, ça met de la joie dans mon cœur et des idées dans ma tête. Projet de la semaine : magasiner et faire faire prix pour une vanité de salle de bain. C’est pas quand je vais avoir les flots dans les pattes qu’il va falloir commencer ça, la fin de l’école arrive pas mal vite. Et bientôt, de grosses emplettes à la pépinière pour fleurir le tour de ma maisonnette grâce aux deux plans de ma gentille horticultrice. Ouf. Je rêve que tout soit déjà planté mais c’est pas comme si j’avais pas le temps, hein?
samedi 7 mai 2011
Lecture anti-déprime
C’est un peu déprimant de lire du monde chialer. J’ai fait ma montée de lait la semaine passée parce que le week-end avait été particulièrement riche en émotions négatives. J’ai maintenant le goût de vous faire un feel-good post : mes coups de cœur du moment.
Premier coup de cœur : mes mitaines de four Starfrit en silicone.
Ben oui, pourquoi vous riez? Je les adore et vous seriez d’accord avec moi si vous en aviez. Je les reluquais depuis longtemps, désespérant de voir le prix baisser parce qu’elles sont 20$ chacune (pourquoi pas vendre les deux ensemble, j’ai pas compris!). Et là, un jour, j’ai dit : ah pis phoque! Je me gâte, mes vieilles mitaines m’écoeurent, elles sont toutes tachées, brûlées pis en plus, ça se lave pas. Depuis ce temps, je suis une femme heureuse car même si je sors ma pizza et que je mets la mitaine dans la sauce tomate, je passe en dessous du robinet, j’essuie et c’est fini! Le boutte du boutte, c’est qu’elles sont anti-dérapantes. Le bonheur, je vous dis.
Deuxième coup de cœur : mon horticultrice.
Ça fait ben péteux de dire que j’ai une horticultrice, comme si j’avais les jardins de Versailles. Je connais rien en plantes et je suis nulle. Celles qui me résistent sont faites fortes en maudit. Dehors, c’est l’hécatombe. Ma voisine d’en face passent ses journées d’été à s’occuper de ses plates-bandes et à faire de la sculpture d’arbustes. Imaginez sa déprime quand elle regarde dans sa vitre de salon. Les plates-bandes, c’est surtout pour les voisins qu’on les fleurit parce qu’à part de les voir quand t’arrives chez vous, tu les vois pu. J’ai contacté une horticultrice qui nous a fait un joli plan à l’échelle avec des murets, un pavé et toutes sortes de vivaces qui deviennent fleuries même si ma maison est face au nord. Le beau de l’affaire, c’est que j’étais même pas gênée de lui dire que j’avais aucun talent et que je n’avais aucun intérêt pour les dites plantes et l’entretien qui vient avec. Donc, sur mon plan, il n’y a que des plantes qui poussent heureuses toutes seules, qui ne demandent pas qu’on leur jase ou qu’on les cajole, ni même qu’on leur fasse un petit dégradé une fois de temps en temps. Tout ça pour une heure de son temps, parce qu’ELLE, elle connaît ça et fini le taponnage avec les plates-bandes qui donnent pas le résultat qu’on veut.
Troisième coup de cœur : le paillis forestier.
On étend ça autour de notre belle piscine creusée parce que les morceaux sont gros et que ça revole pas dans l’eau. C’est pas joli joli au coup d’œil mais ça sent comme si on était dans la forêt. On sort sur la terrasse et on prend une grosse sniffe en se fermant les yeux : ça y est. On est dans le bois. Une joie que je me suis faite à étendre le gros tas qui nous a été livré ce matin.
Quatrième coup de cœur : mon chum… quand il travaille.
L’an passé, je me suis gâtée. Je lui ai acheté un habit bleu de travail (que j’appelle Big Bill mais ce n’est plus la marque maintenant, c’est Dakota) pour la fête des Pères. J’aime regarder mon chum travailller sur la maison, faire de la grosse job sale. Je sais qu’il préfère jouer à l’ordinateur mais il dit que ça lui fait du bien de faire de la job physique après une semaine assis derrière un bureau. En plus, il travaille bien, il est étonnament fort et résistant contrairement à ce qu’on pourrait croire avec sa shape de joueur de flûte, comme dirait son muscleman de frère (il va me tuer s’il lit ça!) et il est très minutieux. Quand il est crinqué sur un nouveau projet, je me transforme en parfaite épouse docile du début du 19e siècle : va me chercher ci, va m’acheter ça, tiens-moi ci, apporte-moi de l’eau, me ferais-tu un café, trouve de quoi à faire à mon fils, je suis pu capable de l’entendre parler! Ça adonne bien, on aime ça tous les deux, les nouveaux projets et on a surtout pas fini d’en avoir.
Cinquième coup de cœur : le soleil quand il daigne bien sortir de sa retraite.
Et vous, c’est quoi, vos coups de cœur du moment? Oui, oui, sentez-vous obligés de répondre, vous me lisez mais je ne vous lis pas souvent, petits coquins!
À plus!
mercredi 4 mai 2011
La grosse pas fine
Je fais mon coming out de méchante maman, si vous n’étiez pas déjà au courant de mes tares.
Ouin, platte de même. J’y peux rien, c’est plus fort que moi. La fin de semaine, je vois l’heure du matin avancer et je me croise les doigts qu’il n’y en ait pas un qui me pose la question fatale : « Je peux-tu inviter un ami ? » avant midi. Après, je dis « Yé trop tard, désolée mon chou, peut-être demain. » Et le demain passe, et oups! On a des commissions subitement et on se reprendra la semaine prochaine.
Des fois, ça marche, mais pas tout le temps. Pour que les demandes se calment, il faut bien céder une fois ou deux. Et là, je dis « Pas avant 13h30! Pis il fait beau, vous allez jouer dehors! » puis j’enfile ma face de beu des grands jours, celle qui est pire que les jours ordinaires. Je me transforme alors en maman sévère après les salutations de bienvenue de l’ami en question. Criez pas, courez pas partout, demandez pas des collations avant 15h, non, elle peut pas rester à souper, non, pas à coucher non plus, on fait pas de peinture, voyons donc!
La plupart des amis ont un peu peur de moi et je les tiens en respect. C’est pas avec moi que tu es venu jouer et c’est pas un Club Med ici. Je ne suis pas non plus un dépanneur où tu peux piger 3-4 popsicles ou quelques collations alors que mes enfants ne mangent qu’aux repas. Ils en ont des bonnes idées, les amis! Samedi dernier, 30 avril, 20 degrés. J’entends l’amie de ma fille chuchoter : « Demande à ta mère si elle veut qu’on s’arrose. » La grande revient avec la demande, qu’elle n’aurait probablement pas osé penser elle-même, me connaissant. « Allô? C’est pas l’été, les filles! Pis mettez vos gougounes, on se promène pas dehors nu-pieds au mois d’avril! » Et là, ça insiste, comme si je changerais d’idée un jour. Alors elles s’en vont dans le salon, faire jouer de la musique fort avec le iPod, rient comme des folles et crient comme si elles étaient soûles. On s’en sort pas, y en a des plus bruyants que d’autres. Moi qui étais en train de nettoyer la piscine, j’ai failli fermer la porte patio mais je me suis dit que c’était trop.
Mon fiston n’est pas en reste. Nos petits voisins, deux garçons de 9 et 11 ans, sont revenus de chez leur mère (on pense parce que leur histoire est un peu fuckée pour nous). Fiston s’est matché avec celui de 9 ans, entre autres parce qu’il est aussi grand que lui. Ce n’est pas que ce sont de mauvais garnements mais ils sont laissés à l’abandon par leur colon de père. Un qui peut tout faire et un autre qui a des parents un peu trop sévères. Les gars ont passé la fin de semaine à clouer des planches sur un arbre (sur l’autre terrain, évidemment), à essayer de se faire une balançoire ou une échelle, je sais pas trop. Ils ont aussi joué aux autos téléguidées, dans le milieu de la rue, ce que mon fils ne fait jamais quand il est seul. En fin de journée, il vient me demander :
- On peut-tu aller au dépanneur?
- HEIN?! (pis là, je me demande vite, vite, yé où le dépanneur le plus proche).
- On va y aller à pied, mon ami va me surveiller!
- Ben oui! Ta sœur s’occupe même pas encore de toi pis vous allez même pas encore à l’école tous seuls! Le dépanneur est trois fois plus loin que l’école! Pas question, pis pas avant une couple d’années certain!
Et ça insiste, ça pleurniche. Tu veux jamais! On est capables! Et le papa de dire, je vais y aller avec eux autres, moi. C’est ça, fais ton cool. Pour acheter quoi? Tu viens de dire qu’on dépense trop pis tu vas leur acheter des cochonneries qu’on a déjà ici?! Pis en plus, ils vont savoir le chemin pour y aller! Eh merde. Ils sont pas allés finalement.
Je ne sais pas comment les parents des amis élèvent leurs enfants mais ils semblent vraiment trop cools à mon goût. Y a une maman qui, quand elle vient chercher sa fille, reste plantée dans l’entrée à l’attendre, patiemment, sans placoter, le grand sourire aux lèvres, comme si elle avait jamais de souper à faire. Un jour, elle est restée presque 20 minutes. Qu’est-ce que tu fais durant tout ce temps avec quelqu’un qui te répond à peine et qui semble mésadaptée socialement? Il y a deux ans, elle venait voir jouer les filles dans ma cour arrière, pendant que mon chum et moi étions en train de finir de souper, sa face dans ma porte patio. MA BULLE!!!!!!!!!!! Tellement contente que sa fille ait une amie qu’elle venait le soir, vers 19h, faire sonner sa fille pour aller jouer dehors. Aie! Elle est dans le bain, ma fille! J’ai dû leur écrire un petit mot, un jour de désespoir (parce que ma fille commençait les trouver envahissantes, du haut de ses 6 ans). Ça disait : « Appelez avant de venir s.v.p. Merci! 777-7777 » Pas eu de nouvelles avant quelques mois. Je crois qu’elle ne m’aime pas, la madame. Moi non plus, ça adonne-tu bien. Ça n’a pas empêché les deux filles de rester amies mais pour les mamans, y a rien à faire mais les limites sont claires.
Je m’ennuie du temps où les enfants étaient petits juste pour ça. Ils ne pensaient pas inviter des amis parce que d’être avec nous, ça leur suffisait. Mon chum et moi, on est sauvages et on aime le calme. Je comprends que de recevoir des amis à la maison permet de resserrer des liens, je l’ai fait en masse quand j’étais jeune. C’est pour ça que je me parle fort. Ça a quand même des avantages, celui de ne pas se faire bêler après : « J’ai rien à faire, mamaaaaaan! » Et puis, je dois pas avoir l’air si pire que ça, les amis reviennent.
Une petite cute, pour finir. Mon fils, après avoir passé toute sa fin de semaine dehors avec son ami, ne veut pas rentrer, dimanche soir, 19h00. Il pleure, menace de ressortir (mais a trop peur de la conséquence), crie « Juste deux minutes! » (j’ai arrêté de compter après 75 fois) et pense qu’on a encore 3 jours de congé (c’était à Pâques, ça, minou). Avec l’expérience, on ne s’obstine pas, on ferme les fenêtres et on laisse crier, on essaie les paroles douces, ça marche pas, on laisse crier. Papa apporte la doudou et l’oreiller de son fils dans l’entrée (où il est toujours) et va lire une histoire à sa fille. Moi, je vais prendre ma douche pour masquer le bruit de fond et parce qu’il n’y a rien d’autre à faire que d’attendre. Je sors de la douche, la porte s’ouvre et mon grand vient me coller, la face pleine de sable et de larmes. « Je suis fatigué maman, je m’excuse. »
Sept ans, l’âge de raison, qu’ils disent.
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