mardi 14 juin 2011

Petits deuils de moments joyeux

Le temps est au motton dans la gorge.  La fin de l’année scolaire, comme tout autre fin, est un deuil en soi, pour les enfants oui, mais pour moi aussi.  Je dois dire que je n’ai pas vu plus de 3 ou 4 fois les profs, dont une rencontre officielle et les autres, dans le parking de l’école.  Ceux-ci, j’ai moins de peine à les quitter, je n’ai pas beaucoup d’attachement envers eux car mes flots (thank God!) ne sont pas des flots-à-problèmes.  

Celles qui vont plus me manquer sont les éducatrices du service de garde.  Avec elles, j’ai jasé plus souvent qu’à mon tour car ce sont elles que l’on voit quand on travaille.  Le s.d.g. de l’école des enfants est vraiment dynamique et mes deux marmots s’y sont toujours beaucoup amusés.  Je leur lève très haut mon chapeau pour être capable d’endurer pendant plusieurs heures des petits et grands morveux pas élevés, des petites chipies qui manigancent, des pleurnichards écoeurés de rester jusqu’à six heures tous les soirs et surtout, surtout, des parents aucunement reconnaissants qui pensent que les éducatrices sont payées pour se faire chier sur la tête à la journée longue.  Si je commets un crime, un jour, envoyez-moi pas en prison.  Enfermez-moi avec trente débiles dans un service de garde et je demanderai grâce après une heure.  Je me connais, j’ai déjà été monitrice dans un terrain de jeu tout un été… la pire job de ma vie.  Ma mère était certaine que je lâcherais avant la fin mais ce doit être l’orgueil qui m’a tenu en vie.  Éducatrice en service de garde égale vocation, comme les profs et les infirmières.  Pis pour les parents qui commencent l’école en septembre, faites pas le saut.  Y en a qui ont l’air bête mais ça prendra pas trop de temps pour vous rendre compte que vous auriez le même air si vous faisiez leur job et que, pour la plupart heureusement, ce n’est qu’une façade.  Faites-leur un sourire, vous verrez! 

Cela étant dit, vous, donnez-vous des cadeaux aux profs et aux éducatrices à la fin de l’année?  Moi, je suis pas forte forte de ça.  Uno, je sais pas quoi donner parce que je ne les connais pas personnellement.   Deuzio, je me mets à leur place et je me dis :  y en ont-tu reçu, des cochonneries dans leur carrière?!  L’an passé, le prof (homme) de ma fille a fait un speech aux élèves pour qu’ils disent à leurs parents de ne pas lui donner de cadeaux, qu’il préférait avoir de beaux mots écrits de leurs élèves et de leurs parents.  Imaginez, un prof homme, tu lui achètes quoi?  Un blaireau pour se faire la barbe?  Ben croyez-le ou non, il en a reçu pareil!  Une doudou, entre autres… y a vraiment des parents qui comprennent rien (ou le message ne s’est pas rendu)! 

Moi, je ne donne rien.  Ou si peu.  Vous avez ben beau me traiter de cheap, je m’en fiche.  Parce que si vous aviez déjà reçu une carte de ma part pour vous dire combien je vous apprécie, vous vous en crisseriez ben d’avoir un cossin pour mettre sur votre bureau.  À Noël, j’écris un mot dans une carte (et l’enfant aussi) et je mets la photo de l’enfant dedans, comme souvenir qui prend pas trop de place.  Qu’est-ce qu’ils font avec après, les profs?  Un scrapbook de leurs années d’enseignement?  Faudrait que je demande.  Et à la fin juin, on écrit une autre carte, avec ou sans photo, et parfois, une petite carte-cadeau significative, genre Omer DeSerres pour les bricoleuses ou dans une librairie, parce qu’un prof ou une éducatrice, ça doit ben aimer lire, non?!  Oui, vous allez me dire que c’est impersonnel, je sais.  Mais si c’était juste de moi, je ne donnerais que la carte…alors je cède à la pression sociale et aussi parce que les enfants veulent donner quelque chose absolument.   

Pensez à votre travail.  Peut-être que vous n’avez pas besoin d’avoir une petite tape dans le dos pour travailler le sourire aux lèvres.  Imaginez un instant que vous recevez pleins de cartes manuscrites de vos collègues, clients, patrons, pour vous dire combien vous êtes compétents dans ce que vous faites, que vous faites la différence dans la vie de quelqu’un, que votre sourire éloigne le petit nuage au-dessus de la tête d’un autre que vous connaissez à peine, que votre personnalité rend la vie au travail plus joyeuse. 

Tous ces jolis mots mis ensemble, pour moi, c’est ça la vraie paie. 

1 commentaire:

  1. Je trouve que tu as ABSOLUMENT raison. Si la reconnaissance était plus présente dans leur travail, ils arriveraient à mieux supporter les jours plus sombres (et Dieu qu'il doit y en avoir quand t'es prof!). Une reconnaissance écrite de la part des parents est encore plus précieuse à mon avis, beaucoup plus qu'un cadeau acheté en vitesse au dépanneur du coin :)

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