Vous êtes pas tannés, vous, de vous faire bourrer de
conneries? J’ai « tsé comme genre
style » l’impression qu’on me prend pour une conne.
*Premier exemple, vous allez rire : J’ouvre internet sur mon ordi et ma page
d’accueil, c’est Radio-Tralala. Grosse
nouvelle : trois cadavres sont
retrouvés dans un coffre de voiture à Gatineau. Fin de l’article :
La police considère ses morts comme suspectes. Eh ben. J’aurais jamais cru. Quel intérêt à ajouter cet énoncé sinon pour
remplir le petit paragraphe parce qu’on n’avait pas plus d’infos
là-dessus. Toute une déduction, les
champions! Pas besoin de réfléchir plus
loin que notre nez, l’hypothèse est là.
Du tout cuit.
*Deuxième exemple :
En allant donner du sang comme une bonne fille, je reçois en même temps
la revue Moi et cie avec la… euh… Patricia Paquin. Jamais je n’ouvre cette revue insipide. Pourquoi je sais qu’elle est insipide alors? Ça se voit sur la couverture, point
final. Donc, je l’ai, je la lis
furtivement. Je tombe sur un article concernant
les rides, ce qui me titille quelque peu vu l’effarante quantité que j’ai dans
la face à cause du soleil et surtout de ma face hyper expressive. Un conseil, le meilleur entre tous : tentez d’être moins expressive. C’t’une vraie joke. Me niaisez-vous, Mme Paquin? Moi je vais jouer à faire la même face que
vous sur toutes vos couvertures de revues plates? Je suis certaine qu’avec de la bonne potée comme celle que vous
mettez avant de vous faire photographier, on croirait que je suis faite en cire,
comme vous toutes. En plus, ce magnifique
magazine est bourré de pubs de cliniques et de produits de dermatologie esthétique. Message.
*Troisième exemple :
le câble. Si vous avez pas lu
les premiers textes de ce blogue, vous savez peut-être pas que chez nous, le
câble est absent. Quatre chaînes en
tout et pour tout : Radio-Tralala,
V, Global et APTN (le poste des Esquimaux).
Vous savez pas comment on fait pour vivre? Nous on sait pas quel poste vous écoutez pour en avoir absolument
besoin. Je sais ce qu’on voit sur le
câble. Les mêmes maudites niaiseries à
toutes les heures, tous les jours, toutes les semaines. Venez pas me dire que je manque des belles
séries… vous me prêterez les coffrets
quand j’aurai le goût de les voir! Bon
je suis crinquée. Tout ça pour dire que
ça nous a pris quelques jours pour se rendre compte que depuis début septembre,
on ne « pourrait » plus écouter la télé ordinaire, sans
décodeur. Quand je vous dis qu’on
l’écoute pas, la tévé, on se trouvait ben drôles de pas paniquer plus que ça! Quelle ne fut pas ma joie de constater que
nos chers postes étaient toujours visibles dans ma grosse épaisse de tévé (j’ai
pas de flat screen encore, c’est pas parce que mon chum veut pas!). Elle est ploguée sur le gros fil du câble qui était dans
la maison quand on l’a achetée et qui nous permettait de profiter de ce que la
vie nous offrait gratis. J’étais morte
de rire. Tiens-toé, M. Péladeau! On l’achètera pas, votre décodeur! Pis on va pouvoir continuer à écouter A walk in the clouds avec Keanu Reeves le samedi soir sur APTN! Tu parles qu’on mène une belle vie.
*Quatrième exemple :
les films pour enfants. On les
entraîne tôt à pas penser par eux-mêmes.
99,9% des films que j’ai écoutés avec mes flots se sont avérés d’une
stupidité sans bornes. En plus que
l’histoire est souvent la même (relation père-fils, parents décédés, enfants
rejetés et le nouveau trip des Américains : les obèses). Tout peut se raconter, même si c’est banal. Pourquoi on fait pas des beaux films tout en
finesse? Les enfants ressentent bien
les émotions quand on leur raconte une histoire, pourquoi toujours mettre en
mots l’expression du personnage, la fin du film, la morale? Vous pensez qu’ils ne la comprendraient
pas? Peut-être pas la première fois. Ça prendrait sûrement de la pratique mais
rappelez-vous les séries Démétan, Candy, Heidi, Rémi? Oui, ça vous donnait un de ces downs, je suis d’accord. Mais les avez-vous regardés récemment? Remarquez comme les personnages ne parlent
pas beaucoup, comme on voit souvent leurs visages avec leurs gros yeux de
mangas qui brillent pour exprimer la joie, la tristesse, la colère. On laisse le temps aux téléspectateur de
constater l’émotion. Pas besoin que Heidi
nous dise qu’elle est triste que Blanchette va se faire égorger, on le voit
dans sa face! Tout ça pour dire que
non, je n’empêcherai pas mes enfants de regarder des films de Disney, Pixar,
Dreamworks, whatever, mais je leur offre de temps en temps une
alternative : le théâtre. Pas
d’effets spéciaux, une histoire racontée dans leurs mots, avec peu de moyens
mais qui les fait travailler différemment sur leurs sentiments et leurs perceptions. Pour le même prix qu’un
film au cinoche et pour encourager les comédiens d’ici, ça vaut vraiment le
coup et y en a pour tous les goûts et tous les âges.
J’allais appeler justement pour trois pièces, c’est la nouvelle
saison! Je vous laisse.
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