Petite soirée en amoureux samedi, ça
faisait longtemps qu'on ne s'était pas payé un bon film. Puisque
le gros buzz ces temps-ci, c'est The Hunger Games, on s'est pas trop posé
de questions. J'aurais aimé lire le livre avant mais un ou l'autre
avant, on connaît la fin anyway au deuxième!
Pour ceux/celles que ça intéresse, je
vous résume grossièrement l'histoire, retenez bien que je n'ai pas
lu le livre et que ce n'est que mon interprétation du film. Dans un
futur qu'on devine pas si lointain, l'Amérique est séparée en 12
districts après une guerre civile. Le traité de la Trahison
stipule qu'à chaque année, chaque district, vivant dans une grande
misère, devra envoyer deux jeunes entre 12 et 18 ans pour
s'affronter à un « jeu » appelé les Hunger Games.
C'est en fait une émission de téléréalité sordide dans laquelle
celui qui sort gagnant est le dernier vivant. Tous les
dangers sont possibles (feu, insectes venimeux, fruits empoisonnés,
infections, mines antipersonnelles, animaux créés par ordinateur,
faim tout court), étant donné que l'environnement en forêt est
contrôlé un peu comme dans le film Truman Show. Les producteurs
décident au gré des heures de changer les règles et tout cela,
pour attirer le public et les commanditaires. Car chaque ado devra
se faire aimer du public pour pouvoir avoir des colis par
parachute pour les aider à rester en vie, comme un médicament
par exemple. Tout cela est filmé, regardé en direct et c'est un
peu comme des combats extrêmes où tout le monde parie sur l'issue
du jeu, qui n'en est pas un car les morts sont vraiment morts.
Le point de vue est celui d'une jeune
fille qui prend la place de sa petite sœur qui avait été pigée
pour y aller. Pas besoin de vous dire que c'est stressant en maudit
même si on se doute que c'est pas la fille qui va mourir vu que
c'est elle la vedette! Après quelques minutes du film, je me suis
sentie comme les téléspectateurs: voyeuse et morbide. De voir des
ados, aussi bien dire des enfants, s'entre-tuer a fait naître chez
moi des sentiments contradictoires. Le film est excellent, si on
discute du côté cinématographique : histoire, effets,
acteurs, suspense. Mais du point de vue moral, j'étais choquée que
l'on puisse faire un film comme ça parce qu'on ne parle pas assez du
problème à la source : il y a du monde qui regarde ce jeu à
la télé et s'il n'y avait personne pour regarder, il n'y aurait pas
lieu d'être. Facile de faire des parallèles avec ce qu'on entend
ou on voit aujourd'hui, sans être aussi terrible comme finale, il va
sans dire. Dimanche, mon chum me dit en soupant : « J'ai
pas aimé le film. C'était trop triste. » Moi aussi ça m'a
rendue triste.
Cela dit, je vais lire les trois livres
assurément pour connaître les détails mais j'espère que ma
sensibilité va moins être mise à l'épreuve. Lire, c'est pas
comme voir, hein? Le côté psychologique et éthique de l'histoire
est, à mon avis, beaucoup plus intéressant. Peut-être qu'en
mettant des adultes à la place des ados, cela aurait été plus soft
comme choix, moins choquant pour mon petit cœur de poule.
Mais je vous le dis : c'est rough en tabarouette et ça me
trotte encore dans la tête...
C'est-tu parce qu'on croit qu'un jour,
le monde sera aussi fou?
Puisse le sort nous être favorable.
Puisse le sort nous être favorable.