lundi 30 avril 2012

The Hunger Games: le gros malaise


Petite soirée en amoureux samedi, ça faisait longtemps qu'on ne s'était pas payé un bon film. Puisque le gros buzz ces temps-ci, c'est The Hunger Games, on s'est pas trop posé de questions. J'aurais aimé lire le livre avant mais un ou l'autre avant, on connaît la fin anyway au deuxième!

Pour ceux/celles que ça intéresse, je vous résume grossièrement l'histoire, retenez bien que je n'ai pas lu le livre et que ce n'est que mon interprétation du film. Dans un futur qu'on devine pas si lointain, l'Amérique est séparée en 12 districts après une guerre civile. Le traité de la Trahison stipule qu'à chaque année, chaque district, vivant dans une grande misère, devra envoyer deux jeunes entre 12 et 18 ans pour s'affronter à un « jeu » appelé les Hunger Games. C'est en fait une émission de téléréalité sordide dans laquelle celui qui sort gagnant est le dernier vivant. Tous les dangers sont possibles (feu, insectes venimeux, fruits empoisonnés, infections, mines antipersonnelles, animaux créés par ordinateur, faim tout court), étant donné que l'environnement en forêt est contrôlé un peu comme dans le film Truman Show. Les producteurs décident au gré des heures de changer les règles et tout cela, pour attirer le public et les commanditaires. Car chaque ado devra se faire aimer du public pour pouvoir avoir des colis par  parachute  pour les aider à rester en vie, comme un médicament par exemple. Tout cela est filmé, regardé en direct et c'est un peu comme des combats extrêmes où tout le monde parie sur l'issue du jeu, qui n'en est pas un car les morts sont vraiment morts.

Le point de vue est celui d'une jeune fille qui prend la place de sa petite sœur qui avait été pigée pour y aller. Pas besoin de vous dire que c'est stressant en maudit même si on se doute que c'est pas la fille qui va mourir vu que c'est elle la vedette! Après quelques minutes du film, je me suis sentie comme les téléspectateurs: voyeuse et morbide. De voir des ados, aussi bien dire des enfants, s'entre-tuer a fait naître chez moi des sentiments contradictoires. Le film est excellent, si on discute du côté cinématographique : histoire, effets, acteurs, suspense. Mais du point de vue moral, j'étais choquée que l'on puisse faire un film comme ça parce qu'on ne parle pas assez du problème à la source : il y a du monde qui regarde ce jeu à la télé et s'il n'y avait personne pour regarder, il n'y aurait pas lieu d'être. Facile de faire des parallèles avec ce qu'on entend ou on voit aujourd'hui, sans être aussi terrible comme finale, il va sans dire. Dimanche, mon chum me dit en soupant : « J'ai pas aimé le film. C'était trop triste. » Moi aussi ça m'a rendue triste.

Cela dit, je vais lire les trois livres assurément pour connaître les détails mais j'espère que ma sensibilité va moins être mise à l'épreuve. Lire, c'est pas comme voir, hein? Le côté psychologique et éthique de l'histoire est, à mon avis, beaucoup plus intéressant. Peut-être qu'en mettant des adultes à la place des ados, cela aurait été plus soft comme choix, moins choquant pour mon petit cœur de poule. Mais je vous le dis : c'est rough en tabarouette et ça me trotte encore dans la tête...

C'est-tu parce qu'on croit qu'un jour, le monde sera aussi fou?


Puisse le sort nous être favorable.


lundi 16 avril 2012

Les oreilles dans le cran (deuxième partie)


Avez-vous succombé à l'audio fever? À en croire ceux que j'entends, c'est pas demain la veille que je vais être à la mode mais je ne désespère pas. À mesure que les animateurs radio deviennent de plus en plus insipides et racontent des jokes pipi-caca-poil à l'heure où vos enfants sont sur la banquette arrière, la petite graine que j'ai semée dans votre esprit grandit peu à peu. En attendant, j'écoute et j'allonge ma liste de livres lus et écoutés, parce que c'est ce que je fais depuis octobre: un livre papier pour le soir avant le dodo et un livre audio dans l'auto pour les trajets seule. Pas besoin de vous dire qu'il n'y a rien de plus plate pour un passager d'écouter une portion d'histoire en plein milieu du livre et/ou, pour les enfants, d'entendre des histoires sanglantes du 14e siècle. Sans compter les petits passages de foufounes à l'air... Voici donc mes lectures d'oreilles.



Les témoins de la mariée, de Didier Van Cauwelaert


Lu par quatre personnes, dont l'auteur, ce livre m'a semblé assez intéressant à prime abord. Un gigolo meurt quelques jours avant son mariage avec une Chinoise que personne ne connaît. Les amis de l'homme vont cueillir la femme à l'aéroport en se demandant comment le lui annoncer, car elle n'est pas au courant du drame, compte tenu des nombreuses heures de son vol. Bizarre, bizarre, comme histoire. Drôle et malaisant au début, je me souviens d'avoir terminé le CD en me disant : « ouais, ben, c'est poche en maudit comme fin ». Fidèle à moi-même, je ne m'en souviens même plus, de cette fin. Mon cerveau a une faculté pas très pratique de faire delete sur des films ou des livres. Je le sais que je l'ai vu/lu et si je l'ai aimé, mais je ne peux pas dire ce qu'il se passe, ou si peu. Mon chum en rit à chaque fois. Quelle crédibilité pour une simili-critiqueuse : c'est poche mais je m'en souviens pu... Bravo championne.


Purge, de Sofi Oksanen


Roman finnois, c'est-à-dire d'une Finlandaise, qui raconte un pan de l'histoire de l'Estonie occidentale, après le départ des occupants russes en 1992. La vie d'Aliide et son lourd secret, l'aide qu'elle décide d'apporter à Zara, une jeune fille en fuite, la pauvreté des habitants, la peur et l'isolement. C'est la première fois que je lisais un livre portant sur l'Estonie et il doit pas en pleuvoir. J'ai trouvé l'ambiance du livre un peu lourde mais en fait, y a rien de léger là-dedans et la manière dont il est lu, saccadé et sans grande émotion comme le personnage principal, donne l'illusion de ce que pourrait être une vie en Estonie. Grise, morne, triste à mourir. Malgré tout, j'ai bien aimé même si ça ne m'a pas rendu très jojo.


Un roman français, de Frédéric Beigbeder


Ah là, c'est vraiment pas bon à écouter! Un peu nounoune, je ne peux m'empêcher de finir le CD même si j'ai le goût d'ouvrir la porte du char et de me garrocher en bas pendant que je roule. Roman autobiographique de l'auteur, c'est tout sauf intéressant, qu'on le lise ou qu'on l'écoute. Soyez-en avertis, mes très chers. Encore là, j'ai fait delete, heureusement!




Pour les petits piou-piou :


Vingt mille lieues sous les mers, de Jules Verne


Lu par Marc-André Coallier et Raymond Bouchard, les enfants ont bien aimé entendre l'histoire du capitaine Nemo et de son sous-marin. Ça ne dure pas très longtemps, 45 minutes environ et on a un peu de misère à entendre les fins de phrases de M.-A. Coallier avec le moteur de la voiture mais il est très bon quand même. Ce n'est qu'une portion du livre car la version intégrale est d'environ 13 heures. Juste assez pour que les enfants arrêtent de se tapocher en arrière et si vous êtes chanceux, ils vont peut-être s'endormir à force d'être calme!

Les malheurs de Sophie, de la Comtesse de Ségur


Encore là, une petite partie du livre, quelques histoires lues par Macha Grenon, qui est excellente en passant. Les flots ont bien ri des niaiseries de la petite Sophie et même mon gars, qui n'est pas du genre trop docile, s'est étonné de voir à quel point elle pouvait se mettre dans le pétrin. Comme quoi, tout est question de perspective...




Je le gardais pour la fin :

Les piliers de la Terre, deuxième partie : Un monde sans fin, de Ken Follett


Me croiriez-vous si je vous disais que ça fait presque trois mois que j'écoute ce marathon de livre audio? Cinquante-cinq heures à raison d'une heure par jour, c'est du sport et je dois dire qu'à ce temps-ci, je suis un peu tannée. Pas parce que c'est pas bon, oh non! J'ai juste hâte de passer à une autre époque et d'oublier un peu Merthin, Caris, Gwenda, Godwyn et le maudit Philémon à marde! Je serais due pour un petit voyage de cinq heures pour clancher ça! N'empêche, c'est un trésor d'interprétation, avec les deux mêmes comédiens qui lisent le premier tome de quarante-cinq heures. Je vais sûrement aller vers d'autres livres audio édités par les Livres V.D.B. parce que d'après ce que j'ai lu sur leur site internet, ils recherchent non pas des bons lecteurs, mais plutôt des bons interprètes, ce qui fait une énorme différence par rapport aux autres éditeurs. On aime ou on aime pas mais moi, j'adore! Ça donne un résultat magique, comme si les personnages prenaient vie et une choses est sûre, c'est que je n'oublierai jamais les histoires racontées de cette manière!


À un de ces quatre!

lundi 2 avril 2012

Les oreilles dans le cran (première partie)


Eh non, le portable n’est pas une solution à tout!  Avec le WordPad installé dessus et qui n’a pas la ponctuation à la même place que sur le clavier de l’autre ordi, ça m’enlève toute spontanéité au bout des doigts!  À vrai dire, je me cherche de bonnes raisons de justifier une si longue absence mais je vais dire comme tout le monde :  pas le temps!  Et surtout pas grand chose de nouveau.  Mis à part une salle de bain en rénovation totale et une maison en bordel tout aussi total, la vie est parsemée de magasinage de céramique, de peinture, de luminaires, de tergiversations concernant le comment poser ceci ou cela et où…  Je vous en aurais bien conté quelques bonnes à ce sujet mais j’ai aujourd’hui l’âme à la critique constructive et non à la construction.  Voici donc la revue littéraire des oreilles de Grand Talent! 

Vous connaissez maintenant ma lubie tout sauf passagère sur les livres audio.  Depuis mon retour au travail en octobre, il ne se passe pas un trajet sans que j’écoute un petit bout du livre qui est dans le lecteur de CD de mon char.  Je vous fais maintenant part de tous ceux que j’ai eu le temps d’écouter malgré mes courtes distances entre la maison et le travail.


Le sumo qui ne pouvait pas grossir, de Eric-Emmanuel Schmitt 


Premier livre à vie écouté en famille en route pour nos vacances au Nouveau-Brunswick.  N’importe quel livre audio va demander un minimum de concentration au début, le temps de se faire au style du lecteur, sa voix, ses intonations un peu comme quand on commence à lire un livre papier et qu’on ignore tout de l’histoire :  de quoi ça parle?  Et surtout, ne pas lâcher la route des yeux!!!  Ce livre est lu par l’auteur, ce qui est vraiment cool car il est excellent.  Il est d’une durée d’une heure et demie et je dois dire que c’est une merveilleuse entrée dans le monde des livres parlés.  L’histoire fait réfléchir, c’est cocasse, c’est beau et très bien lu.  Les enfants ont beaucoup aimé aussi et tout le monde a assurément retenu la phrase célèbre du récit :  « Je vois un gros en toi… ».


Elle s’appelait Sarah, de Tatiana de Rosnay 


Ouf!  Quel livre!  J’avais déjà vaguement entendu parler de la rafle du Vélodrome d’hiver à Paris durant la Deuxième Guerre Mondiale, en juillet 1942, où plus de 13000 Juifs ont été arrêtés par des gendarmes français et déportés dans des camps pour être exterminés par les nazis.  C’est donc l’histoire vue par une petite fille de dix ans et celle aussi, dans les années 2000, d’une journaliste qui fait un reportage sur la commémoration du drame.  C’est une histoire triste, malheureusement vécue par trop de personnes, mais c’est aussi l’imbrication des deux histoires de famille et de leurs secrets.  Très bien lue par Odile Cohen, mon volant en a encore des marques tellement je le serrais fort.  Environ 5 heures.


Sukkwan Island, de David Vann 


Je viens de lire que l’auteur avait écrit ce livre en mémoire de son père qui s’était suicidé.  Je l’ai pris à la bibli parce que ça se passait en Alaska et moi, ça m’allume.  J’adore les histoires qui se passent dans les pays nordiques.  Cela dit, ce livre est vraiment glauque, pour ne pas dire carrément dégueulasse par bouts tellement que j’ai failli arrêter de l’écouter.  C’est l’histoire d’un père qui part sur une île perdue en Alaska avec son fils de 13 ans, qui lui, y va à reculons bien sûr.  Le père essaie de se rapprocher de ce fils qu’il connaît peu et ça se dégrade jusqu’au drame.  Le malheur avec les livres audio, c’est que tu peux pas lire en diagonale.  Soit tu l’avances et t’en manques un bon bout, soit tu pars dans la lune pendant le bout dégueux, soit tu baisses le son mais personnellement, je me force à écouter et des fois, je m’en veux un peu.  Yeurk.  N’empêche.  Moi qui lis assez vite, je n’ai jamais été aussi marquée par les histoires que depuis que je m’en fais raconter!  Lu par Thierry Janssen, environ 5 heures aussi.
 

Les piliers de la Terre, de Ken Follett 


Ze livre audio, rien de moins.  Quarante-cinq heures d’écoute, c’est un marathon pour moi qui fait max une heure de route par jour.  Faites le calcul.  Heureusement que j’ai eu la « chance » de faire 5 heures de route seule durant le temps des Fêtes pour m’avancer!  Une saga du 12e siècle, des bâtisseurs de cathédrale, des évêques méchants et avides de pouvoir, des histoires d’amour et des drames, des détails historiques en quantité.  Lu par deux comédiens inconnus de moi mais bourrés de talent, Jean-Marc Galéra et Véronique Groux de Miéri et réalisé par les éditions V.D.B.  Une autre classe, carrément.  Du bruitage, des personnages avec des voix toutes aussi différentes les unes que les autres et reconnaissables entre toutes, de la musique, des bruits de chevaux, épées, feu qui crépite, bébé qui pleure.  Du maudit bon stock!  Si j’avais à résumer ce livre audio, c’est comme écouter le film en fermant les yeux.  Un coup de foudre, rien de moins!


Et on tuera tous les affreux, de Boris Vian 


Après cette épopée historique,  j’avais besoin d’un peu d’air et je me suis dit, Boris Vian?  C’est un classique, non?  Je n’ai jamais lu un de ses livres mais ce livre audio, lu par Denis Podalydes, est ennuyant comme la pluie.  Ça sonne cacanne comme s’il avait été enregistré à partir d’un téléphone à cadran et les dialogues n’aident pas avec ces « dis-je » en quantité industrielle.  Le lire, c’est une chose.  L’entendre, c’est plate en maudit.  L’histoire finit par être drôle à la fin, si vous êtes patients mais personnellement, je ne le conseille pas en audio.  Quatre heures (un peu perdues!).


Voilà pour mes premières expériences audio.  Si vous laissez votre CD dans votre voiture, vous pouvez être certains que votre livre ne vous empêchera jamais de dormir mais vous risquez de passer comme moi un petit vingt minutes assis dans l’auto, dans votre entrée, à finir le chapitre commencé…


Je vous reviens bientôt, j’espère, avec le reste de mes découvertes.  Si vous en avez à me faire découvrir, ne vous gênez surtout pas!