samedi 8 septembre 2012

Si j'en imprimais...


Pour m'aider à supporter mon corps en ce dimanche de canicule de fin août, je suis allée faire un petit tour dans les magasins de meubles et déco. On a rénové la salle de bain du rez-de-chaussée en mars et je n'ai pas encore trouvé les foutus porte-serviettes et le papier de toilette est, depuis ce temps aussi, astucieusement placé sur la vanité. Pis, tant qu'à y être, me dit mon chum, check donc pour un cadre. Tant qu'à y être aussi, commence donc à checker les électroménagers pour l'an prochain, question de savoir combien ça va nous coûter, c'te cuisine-là. Il sait que j'aime ça, fouiner un peu pour rêver.

Résultat : pas encore trouvé les porte-serviettes parce que j'ai mon idée et je la trouve à nulle part. Un genre d'échelle en demi-lune pour accrocher plusieurs serviettes que j'ai vue sur internet mais qu'ils vendent seulement en Europe. Pas question de payer pour du shipping, il doit bien y avoir quelque chose qui y ressemble un peu dans le tas de magasins que j'ai près de chez moi! Ben non! Moi pis mes idées qui me décollent pas de la tête... Je trouve rien de beau, tout est ordinaire. Si vous êtes comme moi et que vous aimez regarder les photos de déco pour vous inspirer, remarquez bien comment les porte-serviettes/porte-papier de toilette ne sont JAMAIS mis en évidence, même dans les salles de bains à 20000 piasses! Et souvent, pas de farce, la serviette pour s'essuyer les mains est pendue sur le bord du lavabo, comme une jetée sur un divan. Pourquoi je me casse la tête quand c'est déjà si chic de laisser ça de même!

Je suis aussi allée fouiner au gros magasin de meubles nouvellement construit près de chez moi. J'habite dans une ville relativement aisée où les propriétaires de magasins se font accroire que les gens se peuvent pu d'aller dépenser leurs millions chez eux. Nous avons donc plusieurs immenses bâtisses sur trois étages remplies de divans, de tables, de tivis et d'électroménagers légèrement hors de prix. Je rentre et je constate, vu que ça vient d'ouvrir à 11h, que les vendeurs se tournent les pouces et qu'ils m'ont spottée comme une nuée de mouches noires sur une pitoune parfumée en plein mois de juin. La vendeuse gagnante vient me donner sa carte de vendeuse et m'invite à la « caller » (c'est moi qui le dit) si j'ai besoin. Parce qu'elle reste tellement près (je sens son regard me picoter la nuque) que j'ai le goût de courir à travers les divans et me cacher dans un des buffets.

Après avoir fait le premier étage, 30 minutes plus tard, elle revient à la charge en me demandant ce que je cherchais exactement pour qu'elle puisse m'aider. Ben rien, je t'ai dit tal'heure, mouche à marde! Je fouine, c'est tout! Je l'ai pas dit pour vrai, voyons.

Je monte au deuxième, section autres divans fancy et électros que le nouveau vendeur attitré à moi frotte assidûment avec sa tite guenille et son ti-stuff à stainless (ça donne le goût). Lui y avait pas de carte mais il me suivait désespérément comme son acolyte du premier, comme si j'avais l'air de la madame qui allait clancher 10000 piasses de poêle-frigo-lave-vaisselle à matin. Tsé, quand tu penses positif.

Des idées, j'en ai eues. Tout est une coche au-dessus de ce que la classe moyenne peut se permettre pour meubler leur bungalow ordinaire. Alors, la question est : ça vaut-tu la peine d'avoir une si grande surface de beaux meubles chers et autant de vendeurs pour 1% de la population métropolitaine qui est pleine aux as? Ça me fait toujours freaker quand je vois une nouvelle boutique de produits luxueux ouvrir ses portes près de chez moi. Y a-tu juste moi qui ne peux pas s'approvisionner en chaudrons de toutes les couleurs chez Le Creuset? Et qui se paie le frigo à 8000$ que j'ai vu tantôt? Tu mets quoi là-dedans? Ton baloney pis ta Coors light? J'avais le tournis tout à coup. Y a quelque chose qui a tilté dans ma caboche et je suis sortie du magasin, les deux pouces dans les poches d'en avant, l'air relax mais au fond de mon moi-même, j'étouffais ben raide.

Je suis du genre tout le temps contente de ce que j'ai, sauf bien sûr, mon plancher de céramique de cuisine dont le coulis est tout pété. J'aime les belles choses mais je ne ré-hypothéquerais pas ma maison pour m'acheter une plaque à induction absolument. Quoique... ben non! Tout ça m'a donné le goût de vous partager mon trip de richarde, ou plutôt la seule chose pour laquelle je ferai une folie, un jour : un tableau. Un gros pis trop cher. À chaque année, je vais au symposium de peinture près de chez moi et je fais le tour en rêvassant. Pas connaisseuse en peinture, pas pantoute. Juste le feeling que certaines me font ressentir me donne le goût de sortir ma carte et de partir avec une immense œuvre de Luce Lamoureux, Daniel Vincent ou de Kim Veilleux. Je le vois tellement déjà sur mon mur que je ne ferai même pas le saut quand je vais l'avoir en vrai!

Et vous, votre folie, c'est quoi?




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