dimanche 19 mai 2013

Moi et les fous

Comme je vous écrivais que mon voisin s'était replacé sur la bonne track, le soir même, son innocent de frère arrive vers minuit et demi. Celui-là, c'est la peste. Quand il est là, ils s'engueulent tellement fort que, même les fenêtres fermées, on entend : « Get the fucking out of here!!! », ce qui, dans mon anglais approximatif, voudrait dire quelque chose du genre de câlisser son camp de chez lui.  Je dis ça sous toute réserve.  

Bref, je l'ai de travers, mon maudit voisin et voilà que jeudi (il est en congé supposément de maladie, gros points de suspension), je suis en train d'arracher les pissenlits sur ma tourbe morte. Lui arrache sa clôture et s'en fabrique une autre plus belle (c'est ce qu'il dit, jusqu'à temps qu'il se décourage et que ça reste tout arraché). Il est dans un high de bipolaire ou de dépendant, depuis dix ans, on reconnaît les phases malheureusement. Il est tout motivé, exalté, il est de bonne humeur et me jase comme si on était les plus grands potes de la Terre parce qu'on habite à côté. Moi, j'ai juste le goût dans ce temps-là, de lui glisser gentiment "QUESSÉ QUE T'AS DANS TÊTE QUAND TU GUEULES DE MÊME EN PLEINE NUIT???".

Je le fais pas. Gardons les relations au beau fixe.

Mon fils arrive de l'école et se jette sur l'arracheur de pissenlits et on est là, tous les trois, à placoter un peu. Mon voisin s'éparpille sur un autre projet, celui de couper son gros cèdre au complet. Mais voilà donc que le sosie de l'ex-ministre Michelle Courchesne, on va l'appeler Jacqueline, passe avec son Echo jaune or et arrête devant ma maison et nous observe.

Parenthèse. J'ai « connu » Jacqueline à la fin de mon premier congé, en octobre 2011. Elle s'était arrêtée pendant que je lavais ma voiture et a baissé la fenêtre de la sienne. En toute gentille fille que je suis, je vais lui demander ce qu'elle cherche puis elle débarque de son char et se met à jaser pendant, je dirais, un bon quarante-cinq minutes. Vient un temps où tu sais que tu pourras pas te sortir facilement de cette conversation décousue. Elle m'explique qu'elle a déjà habité dans notre maison (que c'était ben plus beau avant, yeah right!), elle me raconte qu'elle voit un psy, qu'elle a des problèmes de ché-pas-quoi, que les gens trouvent donc qu'elle est gentille, que les mecs qui la croisent trouvent qu'elle a ben de l'allure, qu'elle est donc smatte. Vous voyez le genre. Et elle se répète, et elle se découd et se recoud un peu. Pas méchante mais pas fine-fine. Elle finit par partir, je sais pas comment j'ai fait pour couper la conversation. Un autre jour, c'est mon chum qui était dehors et qui s'est fait pogner parce que, même si je lui avais raconté tout ça, il voulait pas être trop méchant avec mais son non-verbal voulait clairement dire : je veux rien savoir de tes histoires de folle.

Depuis ces deux événements, elle repasse quelques fois, on la reconnaît à chaque fois, c'est drôle pis pas. Le plus comique, c'est qu'elle se brasse la tête comme c'est pas possible en écoutant la musique trop fort dans son char. Genre comme dans le film Wayne's World quand ils écoutent Bohemian Rhapsody, allez voir le vidéo, ça ramène quelques années en arrière. Bref, la madame est pas toute là mais elle se souvient en maudit de la maison où elle restait, malheureusement. Fin de la parenthèse.

Jacqueline écoute les Beatles à fond, se branle la tête à s'en décrocher la perruque et nous observe sans gêne. Moi, je suis crampée de voir la face du voisin (c'est qui, ça, c'te folle-là?), de mon fils qui rit nerveusement (maman, la madame, a nous regarde pis elle s'en va pas!). J'explique vite vite l'histoire et je leur dis de ne pas la regarder trop longtemps pour ne pas l'encourager. Elle s'en va, va se revirer deux maisons plus loin et revient de l'autre côté de la rue pour nous réobserver. Reste deux minutes et va se revirer au coin de la rue et revient se planter devant notre terrain. J'ai un gros fou rire de voir la face des gars.  Mon fils, qui n'a pas encore eu son lot de monde bizarre, comprend rien mais trouve pas ça normal, c'est sûr.  Le voisin rit aussi mais trouve ça vraiment weird (c'est ça que ça fait, la première fois mais je l'avertis aussi qu'elle a dit à mon chum que tous les hommes la voulaient).  Un beau moment de complicité entre voisins (le seul en dix ans)...

Pas menaçante mais un jour, je vais bien finir par me tanner et lui dire gentiment de crisser son camp et ne plus revenir. Je sais pas si elle sera en mesure de comprendre.

Faudra bien qu'elle baisse sa musique.


À la prochaine, gang!

jeudi 9 mai 2013

Ce que je sais du voisin


Tant qu'à repartir mon blogue et pour boucler la boucle, je vais vous redonner des nouvelles de mon charmant voisin. Oui, le bizarre. Je dois dire que, depuis plusieurs mois, y a rien de surnaturel qui s'est passé chez lui mis à part qu'il a mis une pancarte « À vendre » devant sa maison en novembre. Que de joie! Ce que j'en sais de sa maison, c'est que c'est une scrap, son terrain encore plus. C'était une bonne idée de la mettre en vente l'hiver parce qu'on ne voyait pas le dégât de grosses roches qu'il avait placées pour se faire un « jardin » en spirale... Un peu d'imagination, s.v.p.!

Bonne idée pis pas. Il ne pellette jamais son driveway et il avait (encore) un vieux char qui rouillait dessus. Pas foule vendeur quand les visiteurs enjambent 4 pieds de neige pour rentrer dans la cabane toute déglinguée, qui empeste la cigarette ou autres, on sait pas! Après quelques mois d'essais infructueux, il a enlevé sa pancarte et a bien vu qu'il n'aurait jamais son prix (exorbitant, même pour un shack à Laval). Il s'est donc mis à la métamorphose beauté de son terrain et se met de la tite musique à 9h30 le soir juste comme on se couche. Il a aussi une nouvelle blonde qui a l'air d'avoir de l'allure (vite de même) donc on se dit : ben tant mieux pour lui! Jusqu'à la prochaine drop, malheureusement. Depuis le temps qu'on vit ici, c'est ce qui arrive : des hauts et des bas, comme tous les gens qui ont une dépendance. On ne voit pas trop ses enfants mais de toute façon, c'est écrit dans le ciel que mon fiston ne fraternisera plus jamais avec le plus jeune. C'est pas moi qui veut ça, il se l'est mis dans la tête et c'est pas prêt de sortir. Fiez-vous sur moi, je connais les idées bien arrêtées de mon tit-homme.

Troisième semaine de congé presque terminée et ça tombe un peu plus tranquille. Si j'étais assez sûre de moi pour reculer un trailer, j'irais chercher du paillis forestier pour l'étendre autour de la piscine. Mais juste l'idée me donne des palpitations alors j'attends mon gentil mari qui va me domper ça comme un pro. J'ai donné un coup de main à ma femme de ménage hier parce qu'elle serait restée 10 heures, vu la quantité de poussière qui trône sur mes meubles et dans tous les recoins. Je vous entends me juger. C'est ça, jugez-moi! Je garde ma femme de ménage même en congé, comme une grosse Bien-heureuSe parce que si je lui dit de pas venir pendant six mois, je la perds. Et vu qu'elle est trop bonne, je la garde jalousement. Si le deal était de torcher ma maison pendant six mois, cré-moi sincère que je l'aurais pas pris ce congé-là!

Je vous laisse, mon four fait toui-di-di-toui-di-di à répétition, mes petits pains aux bananes sont prêts! J'hésite à savoir si ça fait pro d'avoir un four qui fait de la musique ou si ça fait « cuisinette Little Tikes ». C'pas grave, c'est cool pareil, un four flambette!

Ciao les potes.

mardi 7 mai 2013

De retour avec le soleil!


Hé! Hé!  Ho! Ho!

C'est le retour!

Ça me prenait bien un autre congé de six mois pour avoir plus qu'une heure devant moi pour m'asseoir devant mon ordi.  Ben oui!  Encore un autre.  Des projets, cette fois?  Ben non!  Ben, pas vraiment.  Pas plus que pour l'autre congé d'il y a deux ans.  Quoique ça commence en lion avec notre rénovation de cuisine qui a débuté fin mars et qui n'est encore terminée.  Rassurez-vous, aucun pépin en vue.  L'affaire, c'est qu'on fait tout nous-mêmes, ou presque.  Je dis un "on" royal car je suis la gestionnaire de projet et mon mec se tape la sale job de bras.  Je fais les derniers gros achats, genre évier, céramique, robinetterie car j'ai maintenant du TEMPS!   Il y a à peu près 100% des chances pour que je ne passe pas l'été sur un chantier, et ça, je dois dire que je suis épatée, avec toutes les histoires d'horreur et de camping-qui-finit-pu que j'ai entendues.  N'empêche, ça roule, ma poule. Reste le primer à mettre sur les murs et les armoires à faire poser le 17 mai. Un record, tant qu'à moi. Deux mois à peine pour refaire une cuisine au grand complet, tsé genre vraiment au complet (murs, plancher, électricité, fenêtres, un peu de plomberie, TOUT!), ça mérite une bouteille de vin vraiment chère, mettons 25 piasses pour moi, pour fêter la fin de ce beau projet-là. Mon fils nous a dit qu'on pourrait fêter ça au resto mais je trouve ça un peu biz d'aller ailleurs que dans notre future belle cuisine... mon chum m'a dit que v'là quelques jours, j'avais eu la même idée. Hi! Hi!


Donc, deux semaines achevées et j'ai couru pas mal.  Courir, on s'entend, en char, de magasin en magasin et sur notre terrain à profiter des premiers rayons de soleil du printemps pour râteler le gazon (enfin, ce qu'il en reste car l'interdiction d'arroser l'été passé a eu raison de 90% de toute la superficie du gazon), enlever les vieilles feuilles de l'automne passé, retirer la toile de la piscine pour la faire sécher et pour admirer notre beau trou d'eau noir, laver les vêtements d'hiver (mon rituel préféré au printemps!). Ah et puis j'ai lavé, relavé et re-relavé mon plancher de céramique flambette à cause du coulis qui finit pu de pas s'enlever et j'ai torché comme une folle pour essayer de donner un semblant de dignité à ma demeure après les passages du plâtrier, le plastreur comme on dit dans mon pays. J'en ai vraiment marre de voir de la poussière. Je mouche et je tousse depuis deux semaines. Vous allez peut-être me dire que c'est aussi un conflit de territoire, ben vous aurez en partie raison. Une chose est sûre, c'est qu'avec tout ce que j'ai à faire, j'ai pas le temps de travailler pis je suis contente en maudit! Maman, a travaille pas, a l'a trop d'ouvrage à maison!


Vous allez me trouver vraiment crack pot mais je suis pas capable de pas écouter de livre audio dans mon char. La radio, c'est platte, je suis pas capable plus que cinq minutes. Les deux seules raisons qui me donnaient un peu la lippe de partir en congé, c'était de ne plus voir mes charmantes collègues à tous les jours pour placoter/rire/les niaiser un peu ET de ne plus faire 45 minutes de voiture à chaque jour pour écouter mon livre. Une vraie folle, je vous dis! Ben ça a pas pris une semaine que je suis allée à la bibli me prendre un livre pas trop long, genre 6-7 heures, pour mes nombreux déplacements. Tsé quand t'es mordue, comme un chien qui vient avec le nonos quand tu lèves ben haut ledit nonos. Si ça vous tente, je vous donnerai mes meilleures écoutes depuis l'été passé dans un prochain post.


Je sais pas si vous le savez mais ce blogue sert principalement à combler un besoin de jaser. Étant toute seule toute la journée, je suis loin d'être triste et je ne m'ennuie jamais mais j'ai un réel manque de placote. Je me surprends à apprécier une bonne jasette avec n'importe qui, moi qui est sauvage comme dix. Donc, si vous avez le goût de me répondre, je serai incroyablement contente de voir que je parle pas toute seule! De toute façon, vous faites ce que vous voulez, moi ça me fait du bien de recommencer à vous raconter des niaiseries.